Aller au contenu principal

LIKE WALKING ON MARS

novembre 13, 2018

Opening 14 November 2018
Museo de la Ciencia y el Cosmos, Tenerife
The Museo de la Naturaleza y el Hombre, Tenerife, Canary Islands

Janet Biggs has been travelling for years around the world, riding camels in remote deserts, navigating on ice in the Arctic, exploring the earth’s depths in salt or sulfur mines — harvesting images, impressions and sounds. After the harvest, the artist hides for months in her studio in Brooklyn, works with composers, scientists, dancers, astronomers, then creates and merges sounds and images which witness humanity’s seemingly endless capacity for hope and their desire for new possibilities. As stated by Walter Benjamin, the experience and the ability to transmit it are linked; hence Biggs’ necessity to experiment in order to transmit. This necessity led the artist, for this exceptional exhibition spanning two museums of Tenerife, to personally experience nomadism with the local people of some of the most geopolitically unstable regions of the globe, as well as experiment with scientists as they training in Utah for life on planet Mars, in a future closer than we think.

Like walking on Mars? Walking in time with utopia as companion “walking as a freedom, as a subversive practice, as a visual art practice and as a performance“ (Clare Qualmann). Biggs’ art is walking art and her images are moving images, and whether walking on Mars or walking from Yemen to Europe, it is always walking, dreaming, persevering in hope.

Mercedes Pinto (1883-1976), the great Canary Islands’ poet wrote along similar thoughts: “Your country is the one who gives a hand to whom is walking” (La patria es la que tiende la mano al caminante).

“Salí ayer de mi patria, y ni un temblor estremeció mi párpados.
… Yo considero mi potente esfuerzo
como el del águila caudal, que huyese
de donde el cazador le persiguiera
y va a parar su vuelo, en una roca abrupta en lejanía
que nunca conociera.”

Pinto’s poem and the song of hope sung by the girl at the end of Weighing Life Without a Scale, seem to embrace the possibility for happiness, echo to each other through time and space.

The work in Museo de la Naturaleza y el Hombre, Weighing Life Without a Scale, confronts two deserts, two populations, two ways of expressing our human desire to go, wherever elsewhere, to find a better world, to survive. The confrontation of the antithetical, miserable for Yemeni refugees, hyper-technological for scientists aiming to colonize Mars, underscores the fact that the desire to go and find another land is intrinsic to humanity: whether escaping an existing location or chasing something, we are looking for the unknown.

So is Janet Biggs, and for the artist, our earth is not enough. The Museo de La Cienca y El Cosmos offers Biggs a unique opportunity to express her fierce desire to go further, to go future, and her conviction that innovation, desire, and curiosity exist no matter what the given resources or support systems. Through the giant telescopes of Tenerife and La Palma, Biggs seems to interrogate and listen to the space – to the Space Between Fragility Curves, a fragility curve being the statistical analysis of a structure’s ability to withstand a seismic shift. Three humankinds intertwine here: Yemeni refugee children from Camp Markazi in Djibouti, possible future colonists to Mars, and a robot who creates music inspired by Biggs’ video images. Can a musical robot have humanity? Does it augment our human-ness, or threaten it? How to withstand these seismic questions? Confronted by those essential issues, the artist navigates between despair – perhaps the only “reasonable” posture – and hope: the only possible position – and action.

Music always holds a poetic, soothing, overwhelming, at times hypnotic role in Janet Biggs’ videos. In Seeing Constellations in the Darkness Between Stars an amputated drummer uses a prosthetic arm to play, while other robots, Mars exploration rovers, move back and forth on barren ground. While at first sight the otherness and solitude of the two compositions seem the major link between them, it soon appears that the very concept of prosthesis – of augmented humanity – works like as an umbilical cord between the two.

Biggs, as a humanist, a feminist, a creator, an explorer of strangeness, takes us by hand and leads us walking through her own brain, her own worlds, and through her works, she makes this world accessible to all viewers – universal.

Barbara Polla


To know more, click here

Publicités

Le corps de fatmi est à Genève

novembre 12, 2018

En parallèle de l’exposition THIS IS MY BODY au 43 route des Jeunes (Loft Bärtschi), la série de photographies de mounir fatmi C’est encore la nuit est exposée, aux côtés d’oeuvres de l’artiste anglais Robert Montgomery, au 2 rue de Hesse, jusqu’au 18 novembre.

THIS IS MY BODY SUR LE CHAT PERCHÉ

novembre 6, 2018

Cet automne, venez découvrir This is my Body, un projet exceptionnel regroupant 50 vidéos de l’artiste pluridisciplinaire mounir fatmi. Né d’une collaboration entre les galeries Analix Forever et Art Bärtschi & Cie, cette exposition réunit pour la première fois la quasi totalité des vidéos de l’artiste. 20 ans de création – de 1997 à 2017 – sont à visionner au Loft durant 1 mois.

Quand on évoque mounir fatmi, on ne peut s’empêcher de penser à ses sculptures et installations sur le thème de la liberté d’expression et de la censure. Ses oeuvres, qu’elle soient matérielles ou immatérielles ont pour point commun des concepts percutants et des images fortes. La vidéo est son médium de prédilection. Au contraire d’un tableau dont l’image reste fixe, immuable, un écran laisse toujours la possibilité d’être éteint et donc, d’en faire disparaître l’oeuvre, de lui donner vie ou non à un moment choisi. Avec la vidéo, il peut affirmer que la réalité n’existe pas, qu’elle n’est qu’une illusion, un piège esthétique qui se referme sur le spectateur mais qui disparaît à la fin du film.
Un concept qui séduit l’artiste et qu’on retrouve dans son choix de matériaux pour ses oeuvres palpables: câbles d’antennes, cassettes vhs et autres objets qui commencent à se faire rares dans le paysage numérique actuel.

On retrouve dans Save Manhattan (2008-2009) l’idée de l’illusion. Manhattan se dessine grâce à l’ombre d’objets électroniques disposés de manière à créer la silhouette de sa skyline avant le 11 septembre. Les enceintes diffusent des sons créant un sentiment d’insécurité, ponctué de messages radio présageant un danger imminent. Les bruit d’hélicoptères nous donnent l’illusion que l’on survole la ville. Ils renforcent ainsi l’ambiance chaotique qui règne sur la ville.

Le langage et la calligraphie sont très présents dans le travail de mounir fatmi. Les mots utilisés nous poussent à une interprétation métaphorique tandis que les phrases évoquent toujours un concept sous-jacent. Dans Les temps modernes, une histoire de la machine (2010), l’artiste met en lumière la révolution qui s’opère depuis 2011 dans la monde arabe. Il a créé une machine qui rappelle celle de Charlie Chaplin, qui se veut belle mais aussi violente et dangereuse. On retrouve à plusieurs reprises ces roues calligraphiques dans son travail. Imprégné par la philosophie de Ludwig Wittgenstein et ses Jeux de langage, l’artiste considère qu’inventer un langage équivaut à créer un jeu et une machine. Les lettres deviennent donc les rouages d’une machine destructrice.

Prônant la non-idéologie, mounir fatmi aime jouer avec les symboles. Dans Manipulation (2004), on découvre des mains qui manipulent un Rubik’s Cube représentant la Kaaba. La profession de foi irrationnelle des croyants les poussant à marcher autour de l’édifice est ici comparé aux stratégies rationnelles de joueurs résolvant le célèbre casse-tête. Le thème de la religion et des objets de culte est récurrent dans le travail de fatmi. Est-ce dû à son enfance dans la maison de son père à Tanger? L’artiste confie avoir eu pour seuls objets culturels des calligraphies, le Coran et un portrait du roi Mohamed V qu’il croyait être membre de la famille. Ces objets étaient si sacrés qu’il n’était pas en droit de les toucher, ses mains considérées comme n’étant jamais assez propres. Cela a mené l’artiste à se poser des questions sur le monde et sur le rapport qu’entretient l’homme avec la foi. Qu’avons-nous le droit de faire? Peut-on faire sortir des versets d’un livre sacré et les déplacer dans un autre lieu comme le musée? Peut-on les présenter sous une autre forme?

Les oeuvres de mounir fatmi poussent le public à réfléchir et aller plus loin que ce qu’il voit. La liberté d’expression est l’un des thèmes principaux de son travail. Dans Les ciseaux (2003), l’artiste dévoile les scènes d’amour coupées du film Une minute de soleil en moins. La notion de mémoire et d’archive est présente dans cette vidéo, en écho aux matériaux utilisés dans les installations, mais c’est avant tout une critique frontale de la censure. Dans Sleep – Al Naim (2005-2012), l’artiste remet à nouveau en question ce qui existe ou pas. Sleep, la vidéo originale d’Andy Warhol, présente le poète John Giorno endormi. Dans un remake, fatmi décide de présenter Salman Rushdie, figure de la liberté d’expression. N’ayant pu obtenir son contact, il décide de le représenter dans un état de sommeil en images de synthèse. Au début de la vidéo, on ignore si l’écrivain est vivant ou mort. Une manière d’évoquer sa situation difficile, de la comparer, alors qu’il utilisait pour se protéger le pseudonyme Joseph Anton, à celle d’un fantôme.

A l’instar de Salman Rushdie et de ses versets sataniques, l’art de mourir fatmi à aussi été jugé comme blasphématoire par certains. Alors qu’il présentait Technologia (2010) au printemps de Septembre à Toulouse en 2012 qui avait pour thème L’Histoire est à moi, l’artiste s’est retrouvé contraint de retirer son installationL’histoire n’est pas à moi (2013) est une réponse à cet incident où l’on découvre un secrétaire s’échinant à taper un texte sur machine à écrire avec deux marteaux. L’artiste considère d’ailleurs que lorsqu’une oeuvre est censurée, elle devient en partie l’oeuvre de ses censeurs: on ne la voit plus qu’à travers le voile de la censure.

Parmi les 50 vidéos présentées, on découvre aussi des films plus proches du documentaire où l’artiste montre ce que l’on essaie de cacher. Embargo, (1997), traite de la souffrance des peuples tandis que Thérapie de groupe, (2002-2003) compare deux manifestations organisées respectivement à Paris et à Rabat. Dans les vidéos de mounir fatmi, les travers de nos sociétés et l’absurdité de la condition humaine sont critiquées mais aussi sublimées.

This is my Body, jusqu’au 30 novembre, au LOFT:
Route des Jeunes 43, Genève

THIS IS MY BODY – Habi­ter le monde

novembre 5, 2018

Dans ces films et ses pho­to­gra­phies (dont ici la série « Le lan­gage des fleurs » — mais il faut se méfier des titres), mou­nir fatmi pour­suit sa lutte contre les enfer­me­ments et les exils. Ses images « n’étalent» jamais le pro­pos : elles condensent et illus­trent cer­tains bals des vam­pires et une forme de déré­lic­tion cou­pable.
Ceux qui y assistent contraints et for­cés, brefs qui en sont les vic­times tentent de s’en extir­per mais ne connaissent en retour que la soli­tude pour tout via­tique. Elle semble inhé­rente à la condi­tion humaine – du moins en ce qu’il en reste et que l’artiste trans­pose en divers glis­se­ments même si le cœur et le corps ont des moti­va­tions que la rai­son ignore..

Le créa­teur n’a rien d’un « doux rêveur » : c’est un authen­tique scru­ta­teur. Il fait res­sen­tir les trans­ferts de lieux et les dépla­ce­ments psy­chiques qui, para­doxa­le­ment, rivent l’être humain à un nœud plus qu’à un point de capi­ton. Certes, mou­nir fatmi prouve dans ses vidéos qu’il veut croire à l’humain contre la force des choses telles qu’elles sont. Son constat n’est pas dénué d’espoir bien au contraire. Le cor­pus de  This is my body (pré­senté grâce à Bar­bara Polla et Barth Jonh­son) le prouve.
Néan­moins, ce que l’artiste appelle de ses mots et de ses images, de ses rap­pro­che­ments (par exemple entre un homme est une femme) reste d’une espé­rance bien hypo­thé­tique. Mais, nous « dit » en fili­grane, l’artiste ça vaut la peine d’essayer. Comme le fit Nabil Ayouch dont il défend ici l’œuvre cen­su­rée : « Les Ciseaux » dont il res­ti­tue les scènes censurées.

Celui qui refuse que son nom et pré­nom s’écrivent en lettres majus­cules, se met ainsi au rang des per­dants et ce n’est pas une simple conver­sion par effet de sur­face. Chez un tel créa­teur, le por­tant visuel per­met de ten­ter d’ouvrir une voie entre empâ­te­ments, trans­pa­rences, gra­nu­la­tions, affleu­re­ments. Preuve que l’image comme l’amour est une affaire de chi­mie et d’alchimie.
Il s’agit de faire varier les ten­sions de lumière et ses tra­ver­sées pour ten­ter que le monde afin soit « habité » par lui et non seule­ment d’exode et d’indifférence. Bref, qu’il ne se réduise pas au peu qu’il est.

jean-paul gavard-perret

mou­nir fatmi, This is My Body, Art Bärt­schi & Cie, Genève, du 1er au 30 novembre 2018.

THIS IS MY BODY

octobre 31, 2018

capture-d_ecc81cran-2018-10-23-acc80-13-27-22.png

capture-d_ecc81cran-2018-10-23-acc80-13-27-22.png

En donnant ce titre à la projection exceptionnelle de 50 vidéos pendant une durée d’un mois à Genève, mounir fatmi indique clairement l’importance primordiale de son œuvre vidéo dans l’ensemble d’une création plus-que-plurielle. Après avoir montré en juin 2018, au Musée de l’Élysée à Lausanne, 21 vidéos en screening, avec THIS IS MY BODY, c’est la première fois que fatmi montre la quasi totalité de sa production vidéo dans une exposition. Grâce à une nouvelle collaboration entre Analix Forever et Art Bärtschi & Cie, ce sont vingt ans de création à découvrir au Loft : de 1997 à 2017.

mounir fatmi, faiseur d’images, fait écran de tout, de nos ambiguïtés, de nos peurs et nos désirs, de nos solitudes et de nos rêves, de nos mondes et de nos mots. Et avec ses images singulières, l’artiste agite nos émotions au cœur d’un environnement à la fois profondément inspiré et puissamment créatif. Le tout au son de musiques imaginaires parfois effrayantes, toujours hypnotiques.
Tous les mots du monde ne peuvent parler de solitude
Je veux des mots qui accueillent l’étranger dans son pays d’exil
Je veux des mots qui ressemblent à des mains qui tremblent
Tous les fragments du monde ne formeront pas un seul mot
Si seulement les rêves étaient sous titrés…

Les vidéos de mounir fatmi, d’une certaine manière, sont ce « sous-titrage », cette révélation de ses rêves que l’artiste appelle de ses vœux.

THIS IS MY BODY : l’image est tirée des Ciseaux (2003). Pour réaliser ce joyau qu’est la vidéo Les Ciseaux, fatmi a utilisé et monté les scènes d’amour censurées (coupées au ciseau…) du film Une minute de soleil en moins, de Nabil Ayouch. Avec ses Ciseaux, fatmi « recoud », répare, et réalise une triple magie : sauvegarde du film original de Nabil Ayouch ; critique frontale de la censure ; et discours sur l’amour. D’un film d’amour tronqué de l’irréductible beauté de l’érotisme, mounir fatmi, comme le dit Nicole Brenez, refait un film d’amour. Un film d’amour des images : fatmi les étreint, inlassablement, jour et nuit. Ses images sont son corps.

Et au cours de la création vidéo, fatmi crée aussi des photographies. Le langage des fleurs, la série photographique, montre l’homme et la femme qui tentent un face à face, une union presqu’impossible. Presque.

Analix Forever remercie Barth Johnson et Art Bärtschi & Cie d’accueillir cette exposition exceptionnelle au LOFT.

La série de photographies de mounir fatmi C’est encore la nuit est exposée en parallèle à Analix Forever, 2 rue de Hesse, jusqu’au 17 novembre.
Et retrouvez la vidéo NADA de mounir fatmi à LOOP, Barcelone, du 20 au 22 novembre.

capture-d_ecc81cran-2018-10-23-acc80-13-27-22.png

By giving the title THIS IS MY BODY to the exceptional, month-long presentation of fifty videos in Geneva, mounir fatmi stresses the particular importance of his videos in the context of his multifaceted work. Following the screening of twenty-one videos at the Musée de l’Élysée in Lausanne in June, 2018, THIS IS MY BODY is the first presentation of nearly all of fatmi’s videos in a single exhibition. Thanks to the renewed collaboration between Analix Forever and Art Bärtschi & Cie, twenty years of creation, from 1997 to 2017, are to be discovered in the Loft.

mounir fatmi is a maker of images, images of everything—our ambiguities, our fears and our desires, our solitude and our dreams, our worlds and our words. And with his singular images, the artist stirs up our emotions through an environment that is both deeply inspired and powerfully creative, all to the sound of imaginary music, sometimes frightening and always hypnotic.
All the words of the world cannot speak of loneliness
I want words that welcome the stranger in his country of exile
I want words that look like trembling hands
All the fragments of the world will not form a single word
If only dreams were subtitled…

mounir fatmi’s videos are like subtitles, revealing dreams he has brought to life.
THIS IS MY BODY: the image is from Ciseaux (Scissors) (2003). To make this jewel of a film, fatmi edited together censored scenes of a couple making love, literally cut with scissors from the film Une minute de soleil en moins (A Minute of Sun Less) by Nabil Ayouch. With Les Ciseaux, fatmi “re-sews,” repairs and re-edits, creating a kind of magic threefold: first, preservation of Nabil Ayouch’s original film; second, an outspoken criticism of censorship; third, a discourse on love. From a fragmented film about the irreducible beauty of the erotic, mounir fatmi, as Nicole Brenez says, is remaking a film about love—and a film about the love of images. fatmi embraces them tirelessly, day and night, his images becoming one with his own body.

And during the creative process, fatmi also makes photographs. His photographic series Le langage des fleurs shows a man and woman face to face trying to connect, to come together in a union that is almost impossible… Almost.

Analix Forever thanks Barth Johnson and Art Bärtschi & Cie for welcoming this unique exhibition project at the LOFT.

Please also visit Analix Forever in Geneva where photographs by mounir fatmi are exposed until November, 17.
And attend LOOP, Barcelona, to further enjoy the video NADA by mounir fatmi, November 20-22.

capture-d_ecc81cran-2018-10-23-acc80-13-27-22.png

Ali Kazma, ailleurs…

octobre 29, 2018

Demain mardi 30 Octobre à 19h

L’artiste turc Ali Kazma présente dix de ses vidéos au château de Penthes. Elles évoquent différentes formes d’enfermements, d’emprisonnements ou de retraits volontaires ou non, artistiques ou subis, entre la « cave » du philosophe ou le « cachot » des reclus de divers systèmes d’incarcération.

Pour Kazma la solitude – volontaire ou non – n’est pas forcément une isolation de monde mais une manière d’accueillir le monde pour le réinventer. La concentration carcérale renvoie vers d’autres fermetures qui sont autant d’ouvertures : celle du créateur qui choisit ce modèle de vie ou celle du regardeur qui est soudain «sorti» du flux habituel des images courantes.

L’artiste fait éprouver un viatique dont le néant ne fait pas forcément partie. Les vidéos soulignent une universalité non commune mais qui existe bel et bien. L’oeuvre devient une expérimentation sur le récit (comme dans la vidéo « Orphanage » en particulier) : l’image se reconstitue par lui. Si bien que le corps reste le dernier «lieu» de préservation de l’individualité. L’univers filmé remplace les aplats d’azur aux enjolivures de palmes, émergent des espaces de calme particulier là où l’enfermement devient un postulat de l’univers.

Jean-Paul Gavard-Perret

Kazma, Chateau de Penthes, Chemin de l’Impératrice 18, 1292 Pregny-Chambésy, Genève, Suisse, à partir du 30 octobre.

30 Octobre – Ali KAZMA @ Château De Penthes – October 30

octobre 26, 2018

capture-d_ecc81cran-2018-10-23-acc80-13-27-22.png

Ali KAZMA @ Château de Penthes


Mardi 30 octobre screening à 19h, apéritif à 20h30

Chemin de l’Impératrice 18, 1292 Pregny-Chambésy, Genève, Suisse
Visite de l’exposition à 17h30. Réservation souhaitée auprès de david(a)penthes.ch

Dans le cadre de l’exposition « LA PRISON EXPOSÉE, Champ-Dollon à Penthes » , l’artiste turc Ali Kazma (Prix Nam June Paik 2010, Biennale de Venise 2013) présente en screening dix de ses vidéos, dont l’une est montrée pour la première fois en Suisse,
Orphanage
. Cette sélection de vidéos est en lien étroit avec l’exposition, évoquant différentes formes d’emprisonnement ou de « retraite », involontaires ou choisies, physiques ou artistiques, en résonance avec la phrase de Dieter Roelstraete : « Le jardin, la cave de l’ermite, la hutte du philosophe, la cabane de l’écrivain, le cottage du compositeur : ce n’est pas de retraite dont il s’agit, mais de combat » (Machines à Penser, 2018). Pour Ali Kazma, la solitude n’est pas isolement du monde, mais une manière de recevoir ce monde, tout en le créant.

Diffusion des vidéos Orphanage, Safe, Painter, House of Letters, School, Prison, Home, Kinbaku, Sarkis et Clerk. Médiateur : Barbara Polla, commissaire de l’exposition. Visite commentée de l’ensemble de l’exposition à 17h30, en compagnie de la commissaire. Artistes exposés, outre Ali Kazma, Victor Fatio, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Abdul Rahman Katanani, Robert Montgomery, Jhafis Quintero, Laure Tixier, Patrick Tondeux ainsi que Yves Gaudin et les détenus-créateurs de la prison de Champ-Dollon.

orphanage-2-channel-video-with-sound-ali-kazma-2018-01.png


Tuesday October 30 screening at 7pm, drinks at 8:30pm

Chemin de l’Impératrice 18, 1292 Pregny-Chambésy, Geneva, Switzerland
Exhibition presenntation at 5:30pm. Please confirm with david(a)penthes.ch

In the frame of the exhibition « LA PRISON EXPOSÉE, Champ-Dollon à Penthes », Turkish artist Ali Kazma (Nam June Paik award 2010, Venice Biennial 2013), presents a screening of ten of his videos, one of them,
Orphanage
, being shown for the first time in Switzerland. This selection of videos is tightly linked to the exhibition and evokes various forms of imprisonment and of « retreat », whether voluntary or not, physical or artistic, strongly resonating with the phrase by Dieter Roelstraete : « The garden, the hermit’s cave, the philosopher’s hut, the writer’s cabin, the composer’s cottage — not a retreat, but an attack » (Machines à Penser, 2018). For Ali Kazma, solitude is not isolation from the world,
but a way to welcome the world while contributing to its creation.

Screening of selected videos : Orphanage, Safe, Painter, House of Letters, School, Prison, Home, Kinbaku, Sarkis and Clerk. Mediator : Barbara Polla, curator of the exhibition. Optional visit of the exhibition at 5.30 pm, with the curator. Artists shown are, along with Ali Kazma : Victor Fatio, Joana Hadjithomas & Khalil Joreige, Abdul Rahman Katanani, Robert Montgomery, Jhafis Quintero, Laure Tixier, Patrick Tondeux as well as Yves Gaudin and creators/inmates from the Champ-Dollon prison.

capture-d_ecc81cran-2018-10-23-acc80-13-28-16.png

musee-des-suisses-ds-monde.png

%d blogueurs aiment cette page :