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L’art à Genève à Paris

avril 19, 2019

L’image féminine ou la femme en mouvements

 

MOVING WOMEN, Galerie Danysz, curatrice Barbara Polla

Magda Danysz consacre sa dernière exposition aux femmes en mouvements. Ce sont huit (hautement symbolique) vidéos choisies et mises en scène par Barbara Polla qui existent les unes avec les autres, tantôt elles se font écho tantôt elles s’accordent ou se complètent.

Au rez-de-chaussée, les photographies cinématographiques d’Erwin Olaf présentent plusieurs femmes enfermées par un cadre noir qui délimite la photographie animée. Des phrases courtes s’enchainent successivement d’un tableau à un autre, love metouch me, look at meetcCes phrases résonnent comme un cri de détresse très pudique et esthétique. La femme est enfermée contre son gré mais pleine de désirs. 

La contemplation se poursuit plus loin avec cette fois l’amour maternel de Clare Lagan; une femme et un enfant dans de l’eau, la main de la femme cherche avec une infime douceur la main de la jeune enfant, puis la laisse partir. La tendresse, l’amour sans condition est retranscrit par des gestes simples, sensoriels et forts. Il y a l’accompagnement puis le laisser partir.

La femme est amour inconditionnel.

Yapci Ramos : la femme nue qui marche dans ce qui pourrait être une sorte de souterrain dont les murs sont envahis de tags. La femme s’appelle Natalia, elle revendique de façon soutenue par le décor et affirmée par le corps son droit. La femme est libre.

Au fond, il y a cette femme, emportée par le flot des vagues presque volontairement puisqu’elle se balade aisément dans l’eau dans un premier temps alors qu’elle a pied. La femme est noyée par un environnement hostile, qu’elle essaie tant bien que mal de vaincre, de dompter en gardant la tête hors de l’eau. Cette projection est à la mémoire de Nancy Bird Walton, par Shaun Gladwell. Nancy Bird Walton était l’une des premières aviatrices australiennes, connue sous le nom de « L’Ange de l’Outback ».

La femme est une guerrière intérieure.

Au premier étage, Lee Yanor ; une femme court dans le désert, se baigne sur une couette faite de plumes, pose ses valise dans un no man’s land.

On découvre alors une femme libre, une femme solaire, celle qui n’a pas peur d’être seule, celle qui prend une place qu’on ne lui offre pas forcément ; une femme qui est.

Deux œuvres vidéographiques se font face, celle de deux femmes qui s’affrontent en boxant, Dana Hoey et celle qui met en avant deux autres femmes, des années cinquante sans doute, Laurent Fievet, qui répètent toutes deux les mêmes gestes de façon frénétique –  l’une ouvre et referme des placards, entourée de cages à oiseaux, l’autre chante devant un oiseau, en cage également. Dans les deux vidéos, c’est véritablement le geste qui est mis en avant.

Ce mouvement, comme une mise en abîme du médium lui-même, renforce l’idée d’enfermement mais aussi de liberté puisque la femme, par le geste s’évade.

Enfin, la dernière œuvre, presque documentaire, de Mario Rizzi, montre avec profondeur et frontalité la place de la femme dans le quotidien d’un camp de réfugiés syriens. Le temps y est suspendu, le destin est comme mis sur pause. Les femmes, s’occupent de leurs enfants, ils sont le trésor qui leur reste. A l’image, l’enfant n’est jamais loin de la femme, à côté, endormi sur son épaule, jouant un peu plus loin derrière. L’icône est juste dans sa distance, délicate dans l’émotion qu’elle traduit.

Ici la femme attend avec beaucoup de courage et de patience.

Toutes ces images en tête et on pourra juste dire comme le disait Godard, Une femme est une femme car toutes ces femmes sont.

En savoir plus, ici.

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MOVING WOMEN everywhere

avril 13, 2019

Vernissage ce soir à 19h, en présence de Yapci Ramos, Lee Yanor & Laurent Fiévet @Danysz Gallery

La galeriste française Magda Danysz et la Suissesse Barbara Polla (Analix Forever, Genève) sont complices depuis longtemps. La seconde est  curatrice de la nouvelle exposition de la galerie Danysz où est présentée une série de vidéos en hommage – et quel hommage ! – aux femmes. Avec « Fucking Beautiful » (2017) la galerie réunissait six artistes femmes vidéastes. « Moving Women » élargit le propos : 4 femmes (Dana Hoey, Clare Langan, Yapci Ramos et Lee Yanor), et 4 hommes (Laurent Fiévet, Shaun Gladwell, Erwin Olaf, Mario Rizzi) créent des visions de femmes en mouvements : parfois sûres d’elles parfois soumises au doute eu égard à leur position en divers eaux troubles ou tours  d’écrou.

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Dana Hoey

L’ensemble crée beaucoup d’émotions de nombreux registres. Dans la vidéo de Shaun Gladwell, de l’océan dépasse un visage de femme casquée en aviatrice. Il s’agit de celui d’une célèbre pilote (« double psychique » du vidéaste) partie à la recherche de son mentor disparu en mer. Le même esprit préside à la vidéo de Clare Langan où une mère et sa fille s’embrassent, nagent, fusionnent à la surface de l’eau. Parfois néanmoins le portrait de la femme est plus violent ou douloureux mais toujours nourri de réel : aux boxeuses, fières, invincibles de Dana Hoey font place des femmes hantées ou engluées en des situations plus difficiles (camp de réfugiés, en Jordanie chez Mario Rizzi).

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Lee Yanor

Chaque film est d’une beauté perturbante et ouvre bien des portes. La convergence de diverses luttes passe par la poésie visuelle où s’inscrivent divers parcours et un appel à l’amour loin des tartes à la crème des leçons de conduite. Le féminisme devient un humanisme au sens profond du terme ; il est à la fois existentiel et politique, le tout avec élégance et loin des enfumoirs brumeux. L’engagement n’a rien de claironnant : il passe par le corps des femmes et les droits qui leur reviennent  au sein de diverses situations. Celles-ci produisent des chroniques vertigineuses mais tout autant accessibles là où les « embarquements » intensifient l’espace et élargissent l’aura des femmes.

Jean-Paul Gavard-Perret

La presse en parle : Vogue – 4 shows to see in Paris this week, Point contemporain, Que faire à Paris, Comité des galeries d’art, Le Chat Perché.

FINIS TERRAE by Ali Kazma

avril 12, 2019

Ali Kazma’s most recent work Finis Terrae focuses particularly on the areas concentrated with lighthouses on Ouessant Island and in the Finistére region of France. This new work continues the artist’s long-term research into the relationship between time, space and geography. The exhibition can be visited until the 11th of May 2019.

Translated as “land’s end” in English, Finis Terrae is the first work of the artist’s project Ultra Marine. Ultra Marine will be made up of numerous videos focusing on the interaction between nature and man at the border between the land and the sea. Finis Terrae was shot throughout March and April of 2018 in the area marked by the lighthouses Stiff, Kéréon, Phare du Créac’h, La Jument, Phare d’Eckmühl, Saint-Mathieu and Phare de Nividic. The artist says that the lighthouses had been a point of interest for him for some time and that he had been conducting concentrated research on the subject. Having long been drawn to the profound relationship of time to objects and spaces, Ali Kazma now focuses on the lighthouses as these structures contain many links to the history and the socio-economical make-up of the areas they are located in. Marking the extreme points on the map around the passages and borders between the sea and the land, lighthouses have endured the harsh conditions of nature for centuries while providing safe passage to people in transit. In this sense, Finis Terrae can be considered a continuation of Ali Kazma’s previous works such as Absence (2011)Safe (2015)North (2017) which reflect on human constructions that resist time.

Ouessant Island, where the majority of the filming took place, is known for its strategic importance over the maritime trade of Northern and Southern Europe. It is also known for its severe storms, strong currents, and volcanic rocks that make navigation very difficult. This harsh terrain has caused many shipwrecks over the centuries; between 1888 and 1904 around 30 ships were lost here and as a result, many of the lighthouses in France were built in this area. Some images in the videos also show us that from time to time Ali Kazma’s filming was also carried out under physically challenging circumstances. Even though the lighthouses are featured prominently in the videos, the surrounding geography and the context where one finds these improbable structures are almost as important as the lighthouses themselves. The moon, the sea and the rocky nature of the area, as well as countless other elements and the changes that these go through in time, create a continuous flow of exchange between the lighthouses and their environment.

Another important point for the artist is the relation between the lighthouses and the camera which is based on the notions of seeing and being seen. The camera exists to see, record and make things visible and the purpose for the existence of the lighthouse is to be seen. Therefore, it is possible to say that the camera and the lighthouse create a perfect loop based on mutual give and take; that they are almost made for each other. Another essential link between cinema and the lighthouses are the fresnel lenses which are used to increase the range of visibility of the lighthouses. The same lenses are used in cinema for lightning.

As objects that have occupied a special place in human psychology, lighthouses have inspired many works in art and literature. This time, we get to see a contemporary take on the subject through Ali Kazma’s particular vision.

The exhibition Finis Terrae is produced by Galeri Nev Istanbul. Serra Yentürk has worked as the production coordinator.

To know more, click here

POUR PARLER à la Maison de la Poésie

avril 11, 2019

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Simultanément au vernissage de l’exposition MOVING WOMEN

Samedi 13 avril à 19h, le Festival Raccord(s) vous invite à la Maison de la Poésie pour une lecture performée de Frank Smith et Julien Serve suite à la sortie de leur recueil POUR PARLER.
Maison de la Poésie
157 rue Saint-Martin, Paris 75003

L’ouvrage est une expérience de co-errance entre, d’une part, un ensemble de cent quinze sonnets de Frank Smith, qui tentent de creuser des brèches au sein des phénomènes de langue en interrogeant l’expérience de la signification, de la représentation mais aussi du savoir, de l’attente ainsi que le fait de voir, de dire ou encore de parler, et d’autre part, plusieurs centaine de dessins de Julien Serve, injectés dans les textes eux-mêmes. Faire commun ensemble.

Cette série de collusion entre les textes de Frank Smith et les dessins de Julien Serve est née sous l’impulsion de Barbara Polla. Elle a fait l’objet d’une exposition à la Galerie Analix Forever, à Genève, du 10 octobre au 12 décembre 2015.

Pour vous procurer POUR PARLER paru aux Éditions Créaphis, cliquer ici.

MOVING WOMEN @Danysz Gallery

avril 9, 2019

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OPENING APRIL 13 – 7 pm
Until May 16
Group show curated by Barbara Polla

Danysz Gallery
78 rue Amelot, 75011 Paris

Women in motion, moving women, women who are in motion, impressive, inspiring. Or how women are represented in artists’ videos and films today, in 2019: self-assured for the most part, but also hesitant, expressing varying degrees of confidence and of existential doubt, as Laurent Fiévet explains in relation to his series Whistle. MOVING WOMEN brings together international artists: female, male, established or emerging, and non-hierarchical women figures in their utter complexity and diversity. Whether this diversity is inter-individual or intercultural, the focus on MOVING WOMEN implicitly takes women’s history into account, and adopts a perspective that is thoughtful, even loving, rather than critical. When artists’ creativity joins that of women and their capacity to create themselves, they are “set in motion” more than ever.

A great deal of diversity can be witnessed in this selection of works, from the proud freedom of Natalia (Yapci Ramos) to the moving fight against fate represented by Mario Rizzi in Al Inthitar; from physical toughness (Dana Hoey, Fighters) to the total sweetness of the mother-child relationship (Clare Langan), and from bearers of memory to bearers of light (Shaun Gladwell, Lee Yanor). Whether standing or in immersion, of tomorrow or of yesterday, these women are all “Fucking Beautiful” – according to the title of a previous exhibition, « Video only, women only, » at the Danysz gallery. And because video is the most contemporary art form, images are constantly in motion, just like “Moving Women”.

Erwin Olaf‘s iconic work Moving Portraits takes a particularly tender look at women’s ability to generate emotion / e-motion. Each female model in this moving photographic series made in Shanghai comes to life and turns to whomever looks at her: « Love me, look at me… ». A desire that seemingly remains deeply feminine. But in reality, it is first and foremost, deeply human.
Love me!

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Femmes en mouvement, femmes émouvantes – ou comment aujourd’hui, en 2019, les femmes sont représentées dans les vidéos et les films d’artistes. Femmes pour l’essentiel sûres d’elles-mêmes, mais parfois aussi hésitantes, manifestant différents degrés d’affirmation face à l’existence, comme l’écrit Laurent Fiévet à propos des femmes de la série Whistle. L’exposition réunit des artistes internationaux, artistes femmes, artistes hommes, confirmé.e.s ou encore émergent.e.s, et des figures de femmes variées, non hiérarchisées, considérées dans leur absolue complexité et leurs diversités. Que ces diversités soient interindividuelles ou interculturelles, le regard porté sur les MOVING WOMEN, par les artistes sélectionné.e.s, tient compte, implicitement, de l’histoire des femmes, et se veut admiratif plus que critique, voire amoureux. La créativité des artistes rejoint alors celle des femmes, quand elles se créent elles-mêmes, en mouvement plus que jamais.

Une diversité qui va de la liberté arrogante de Natalia (Yapci Ramos), à la prise de responsabilité face au destin que représente Mario Rizzi dans Al Inthitar, de la force physique (Dana Hoey, Fighters) à la douceur absolue de la relation mère-fille (Clare Langan), des porteuses de mémoire aux porteuses de lumière (Shaun Gladwell, Lee Yanor). Qu’elles soient femmes debout ou femmes en immersion, femmes de demain ou femmes d’hier, elles sont toutes « Fucking Beautiful », selon le titre d’une précédente exposition « video only, women only » à la galerie Danysz. Parce que la vidéo est la forme artistique la plus contemporaine. En mouvement, constamment, comme les « Moving Women ».

L’œuvre iconique d’Erwin Olaf, intitulée Moving Portraits, porte un regard particulièrement tendre sur la capacité des femmes à générer l’émotion – e-motion. Chaque modèle féminin de cette série photographique émouvante, réalisée à Shanghai, s’anime à tour de rôle et s’adresse à qui la regarde. « Aime-moi, regarde-moi… ». Ce désir-là reste encore et toujours profondément féminin. Ou plutôt, en réalité, profondément humain.
Aime-moi !

Pour télécharger le dossier de presse, cliquer ici

Et pour en savoir plus sur l’exposition, rendez vous sur info-culture, que-faire-à-Paris, murmurofart.

Violaine Lochu au Centre d’Art Contemporain à Genève

avril 9, 2019


Ce soir à 19h
Centre d’Art Contemporain Genève
Rue des Vieux-Grenadiers 10, 1205 Genève

Après avoir réalisé plusieurs performances à Genève en 2017, invitée alors par Analix Forever, Violaine Lochu est de retour, au Centre d’Art Contemporain cette fois-ci, ce soir à 19h, au Cinéma Dynamo, dans le cadre de la programmation Mondes Parlés, conçue par Carla Demierre et Anne le Troter. Dans Vestiges de Roncevaux, Violaine Lochu fait subir à la Chanson de Roland, «monument» de la langue française, une série d’altérations linguistiques, «ruine» littéralement le texte dans un temps archéologique accéléré. Érosion, fragmentation, sédimentation : ces phénomènes appliqués au langage se déclinent en chuchotements, silences, bruits, chants interrompus. Le poème est donné à entendre sous une autre forme, un autre relief, des aspérités nouvelles, qui laissent entrevoir sa splendeur passée. Dans une vision quasi romantique, le vestige est envisagé ici comme une re-création du langage.

Pour en savoir plus sur Violaine Lochu, cliquer ici.

Pour en savoir plus sur les Mondes Parlés : cliquer ici.

Hommage à Léonard de Vinci au Château du Rivau

avril 8, 2019

Au château du Rivau, Patricia Laignau réinvente année après année les liens entre le classicisme et l’art contemporain. Cette année, son Hommage à Léonard de Vinci est conçu comme une « mise en curiosité » des multiples talents et travaux de Léonard de Vinci et l’exposition est consacrée au regard porté par les artistes d’aujourd’hui sur l’oeuvre de Vinci et l’héritage de la Renaissances. Les artistes contemporains s’approprient ainsi une à une les multiples facettes de l’oeuvre du grand maître : de l’autoportrait au portrait féminin, des machines extraordinaires au drapé, de l’anatomie à la peinture d’histoire, du codex au paysage.

Parmi les artistes conviés : Pierre Ardouvin, Adel Abdessemed, Delphine Balley, Katia Bourdarel, Catherine Bret-Brownstone, ChangKi Chung, Céline Cleron, Nicolas Darrot, Laurent Fiévet, Laurent Grasso, Christian Hidaka, Ange Lecia, Wolfe von Lenkiewicz, Fabien Merelle, Jean-Luc Moerman, ORLAN, PANAMARENKO, Laurent Perbos, Antoine Roegiers, Daniel Schlier, Andres Serrano & Jean-Luc Verna. L’exposition met aussi en lumière les échanges amorcés vers 1500 entre l’Italie et la France et perpétués de nos jours par les travaux des artistes italiennes Antonella Bussanich, Alessandra Capodacqua, Giulia Andreani et Alessandra Ragionieri.

Le très beau catalogue s’ouvre sur un poème de Barbara Polla, hommage aux liens aussi forts qu’inattendus entre les artistes de l’exposition et Leonard de Vinci :

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