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Sujets brûlants – Alexandre D’Huy à l’Hôtel Burrhus

décembre 13, 2018

« L’éthique n’empêche ni les industriels de produire des armes ni les états de les (laisser) vendre. L’argument économique semble le seul valable. Qu’en est-il de l’art ? Moi, je ne peux que continuer de peindre mes séries de blindés et de vues de drones commencées il y a quatre ans après une visite dans un salon de l’armement. Je reste fasciné par les machines qui servent à protéger et à tuer. Que je regrette et déplore que de telles choses existent ne change rien au fait que ces « hot topics », sujets brûlants, s’imposent à moi. Ils sont inévitables. J’ai besoin de les regarder et de les représenter pour exister. »

Alexandre D’Huy, 2018

Dans nos sociétés modernes, la guerre fait désormais partie intégrante de la communication médiatique. Les images censées la représenter – que ce soit sur Internet ou à la télévision – sont banalisées à l’extrême et la rendent de facto d’autant plus invisible. Et ce, même si les pays Occidentaux tels que le France sont, fin 2018, officiellement en guerre.

L’infotainment à l’œuvre aujourd’hui simplifie et permet à l’émotion de prendre le pas sur l’aspect conceptuel, en opposition avec l’information. La moindre chance d’esprit critique est alors atomisée. Car l’imagerie Occidental de la guerre stimule la fascination des foules pour la violence au lieu de complexifier une vision du monde trop souvent manichéenne (un président français n’est jamais aussi populaire que lorsqu’il enfile son costume de général de guerre).

Cette imagerie de guerre, dont la couverture média ne montre presque jamais de combats, de cadavres, mais des scènes abstraites rappelant des jeux vidéo, est adressée directement au public. Probablement car la communication est la méthode favorite des idéologies.

Et, bien que les effets de la guerre soient bels et bien terriblement réels, la guerre, elle, est bien le résultat d’idéologies. Car si elle existe encore dans notre monde prétendument civilisé, c’est qu’elle profite à certains. La liste est longue et variée : industriels de l’armement, de nombreux gouvernements (en grande partie de pays dits « développés), multinationales, groupuscules terroristes… La guerre et l’organisation qu’elle implique sont des facteurs intégrés dans le capitalisme mondial régi par une logique de marchandisation totale.

Une partie du monde s’entretue, l’autre est lobotomisée. Que faire face à ce constat affolant ?

Commençons déjà par ne pas voir le monde de la sorte, de manière binaire. Prenons notre temps. Ajoutons de la complexité au monde. C’est ce qu’Alexandre d’Huy tente de faire dans ses recherches picturales. Car si la profusion des images accélère exponentiellement et ne cessera de le faire, il nous faut, de notre côté, aller plus lentement. Sans pour autant se laisser ensevelir sous le fatras de discours et le nuage de la guerre, et tout en gardant intacte la fulgurance inoubliable des images. Loin d’un nihilisme ou d’une forme d’admiration béate devant cette imagerie, D’Huy sacralise les images.

L’artiste s’inscrit de fait dans la lignée du Romantisme allemand, car même si son oeuvre n’est pas réellement infusée par la nostalgie de la guérison du monde et n’émane pas du même contexte social et historique, elle tente de temporiser le « trop rationnel », de redonner le goût à l’imagination et reste finalement difficilement classable. Alexandre D’Huy nous montre la métamorphose du paysage. Avec lui, on ne peut que constater la transformation perpétuelle que l’Homme a de dépeindre son monde.

Nicolas Etchenagucia, 2018

 

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Un beau DEBUT

décembre 5, 2018

Guillaume Varone expose actuellement dans DÉBUT au 2 rue de Hesse à Genève, aux côtés de Régis Figarol & Raymundo

Né à Lausanne, Varone est devenu photographe « professionnel » presque par accident. Néanmoins, appartenant à la section très restreinte des artistes sans égo et quoique étant photographe depuis toujours (comme Godard est cinéaste depuis ce temps) il possède un sens inné de l’image. Ce qui ne l’empêche en rien de travailler ses prises.

Sa modestie éclate par exemple lorsqu’il écrit à propose de son livre sur la Slovénie : « Klavdij Sluban m’a donné quelques clés pour progresser et sortir de la simple illustration : mettre de l’émotion et du mouvement dans les images, faire des photos habitées, avec de la tension et sans être descriptif. Son workshop m’a ouvert les yeux et c’est ce que je cherche désormais à mettre dans mes photos ». De fait il avait déjà en lui tout ce qu’ll fallait afin de photographier ce pays comme – dans d’autres séries – l’intimité des femmes.

Dans les deux cas le photographe saisit l’intensité et l’émotion : le visage devient paysage, le paysage un visage. Un « corps » quelqu’en soit la nature parle d’un même langage. Varone cherche une vérité d’appartenance et d’incorporation. Exit le voyeurisme. L’artiste ne perce l’intime qu’avec bienveillance et partage. C’est une affaire de « donnant-donnant » bref de confiance et d’attention. D’où la singularité d’une oeuvre qui sans le moindre effet laisse apparaître des sentiments cachés autant chez le photographe que chez le sujet de ses prisess. Rares sont donc les oeuvres aussi justes et tout simplement belles et qui laissent au regardeur sa faculté d’interpétation.

Jean-Paul Gavard Perret


Guillaume Varone, Début & Regard sur la Slovénie avec Klavdij Sluban

Présence abso­lue de la femme

“Pour­quoi la photo ? J’en ai tou­jours fait, comme tout le monde. Jusqu’à il y a un peu plus d’un an, je fai­sais des pho­tos que je qua­li­fie­rais de « sou­ve­nir de voyage » dans les­quelles je recher­chais une cer­taine har­mo­nie pour faire une belle image”. Bref, Guillaume Varone pen­sait être un pho­to­graphe lambda. Néan­moins, il cap­tait des por­traits qui n’avaient rien d’anecdotiques même lorsqu’ils étaient de famille. Grâce à Klav­dij Slu­ban côté tech­nique et Bar­bara Polla côté dyna­mique, le Lau­san­noios prend enfin confiance en lui.
L’artiste pos­sède le sens inné du cadre et de la prise. Il com­prend tout de suite (et  ses por­traits de femmes le prouvent) une idée ins­tinc­tive de la lumière, de l’espace.  Ses images ont l’air de mon­ter (comme la musique pour d’autres) de  l’intérieur.

Mais il y a plus. A savoir, ce qui fait de lui un “vrai” pho­to­graphe. A tra­vers ses prises, des ques­tions sur­gissent. Elle répondent aussi à ce que, au fond de nous, nous avons besoin de savoir. De voyeu­risme il n’est jamais ques­tion. Guillaume Varone nous dit qu’un corps existe et que les choses sont pré­sentes. À nous de regar­der cal­me­ment ce qui a lieu.
Une femme est pho­to­gra­phiée. Nous ne connais­sons pas son pré­nom, ni son nom, ni ses ori­gines, ni sa vie actuelle. Nous savons une chose : le visage à tra­vers lequel appa­raît une intimité.

Tout de suite, nous sommes tou­chés par la pudeur et la pro­fon­deur qui se dégage de ses por­traits. De face, de pro­fil, de trois-quarts, de dos, une femme a quelque chose à nous dire. Est-ce une lumière tra­vaillée, retra­vaillée par le pho­to­graphe ? Un tra­vail sur les ombres ? Sans doute. Les ombres mettent en relief l’expression. Les yeux sont grands.
Les traits du visage buri­nés ou par­faits donnent l’impression d’une gra­vité. Comme si l’existence était un acte grave, une tra­jec­toire gui­dée par la conscience. Les visages sont tra­ver­sés par le silence. Tou­te­fois, l’artiste ne cherche pas une “pic­tu­ra­lité mais une vérité d’appartenance par l’incorporation.

Notre oeil s’approche, nous « entrons » dans les images. Guillaume Varone nous pro­pose une nar­ra­tion et une énigme. L’histoire d’une femme et sa che­ve­lure. Dans une autre prise se dégage un pro­fil. Le modèle se coiffe. Une autre est de trois-quarts. C’est le por­trait d’une femme à la per­ruque. Deux femmes se jouxtent sou­dain pour un même visage. Ou l’inverse.
His­toire de mettre à nu une grâce, une ori­gine par la che­ve­lure et ce qu’elle sous-entend dans la culture et même dans la sexua­lité. Chaque visage lie aussi l’hier et l’aujourd’hui vers une autre his­toire par cette prise de l’intimité “par les che­veux”. Il existe là une pré­sence abso­lue de la femme. Au regar­deur de l’interpréter.

Lire l’ entre­tien avec le photographe

Jean-Paul Gavard-Perret

La prison exposée à Penthes- prolongée jusqu’au printemps 2019

décembre 4, 2018

Que ce soit par le regard extérieur d’artistes ou par celui des personnes incarcérées, l’exposition La prison exposée, Champ-Dollon à Penthes tente de nous interroger sur la condition humaine et de mettre en lumière l’humanité qui réside en chacun. L’exposition est prolongée jusqu’au printemps 2019 et accueille un nouvel artiste : Jhafis Quintero avec sa série vidéo Ten years In Jail.


Les territoires repliés (suite) : les vidéos d’Ali Kazma et de Joana Hadjithomas & Khalil Joreige.

Les vidéastes proposent leur regard sur l’enfermement dans le champ de l’exposition organisée par Barbara Polla : « LA PRISON EXPOSEE, Champ-Dollon à Penthes » ( Château de Penthes, Genève, du 25 avril 2018 au 30 octobre 2018.) Les créateurs ont posé ou introduit leurs caméras là où il n’existe ni vent ni voile. Les corps sont forcément happés par un certain viatique du néant. Les vidéos renvoient de la concentration carcérale vers une autre concentration. Celle du regardeur qui est soudain « sorti » du flux habituel des images courantes.

Ces vidéos soulignent l’universalité de beaucoup d’aspects de la prison, de son espace-temps spécifique (Ali Kazma) ou de la création de système d’existence envers et contre tout (Joana Hadjithomas & Khalil Joreige). Les deux films de ces derniers – « Khiam » (prison naguère située dans la zone du Liban occupée par Israël et par sa milice supplétive) – montrent 6 anciens détenus, assis sur une chaise et qui parlent en fixant la caméra. Existe une forme d’expérimentation sur le récit (en particulier dans le premier film) : l’image se reconstitue par lui. Comme se reconstruisent – dans le second et par les mêmes ex-détenus retrouvés quelques années plus tard – la prison désormais détruite, une mémoire et un imaginaire.

La vidéo « Prison » (filmée en Turquie) d’Ali Kazma est un travail de résistance compris par l’artiste comme celui du corps en tant que dernier « lieu » de préservation de l’individualité, de la lutte contre le pouvoir et l’uniformisation. Ali Kazma filme non des prisonniers, mais l’architecture carcérale afin de montrer la contrainte que la prison impose au corps afin de limiter ses mouvements selon une manipulation calculée. « La discipline fabrique ainsi des corps soumis et exercés, des corps dociles » écrit Barbara Polla. La violence subie est donc montrée par deux biais différents. Les vidéos s’appuient sur la vue de ce qui a été vécu et qui demandent aux détenus une lutte perpétuelle pour la survie.

Jean-Paul Gavard-Perret

VIDEO SOUND ART FESTIVAL / ALI KAZMA

décembre 1, 2018

Exhibition: 30 November – 2 December, 10:00 am-10:00 pm
Special night opening on Saturday December 1

The festival for its eighth edition reopens the doors of Albergo Diurno Venezia, a bath house designed for travelers built in the twenties by the architect Portaluppi, located under Piazza Oberdan, in the heart of the city.

Protagonist of the eighth edition is the video artist Ali Kazma (Istanbul, 1971) with over 20 videos including a work shown for the first time. The artist, represented in Milan by gallery Francesca Minini, since 2002 has been focused in building a video archive dedicated to human condition. In 2017 the exhibition centre Jeu de Paume in Paris has dedicated to Kazma a solo show.

MINE is the title of the eighth edition, curated by Laura Lamonea, an explicit reference to the film by Kazma with the same name. Mine is also the continuation of the investigation of the subterranean by artists who dig into the real, exploring human activities in relation to spatiotemporal intervals and voids.

In dialogue with the videos, the new new sculptural works in ceramic and porcelain by the artists Diego Cibelli, winner of the open call, Oli Bonzanigo and Caterina Morigi, produced during the artistic residency in collaboration with Istituto a indirizzo raro della ceramica e della porcellana Giovanni Caselli, headquarters of the prima Real Fabbrica della Porcellana and the Museum of Capodimonte.

Every 60 minutes there will be a guided tour, available on reservation in Italian and English. Moreover, during the festival, it will be possible to take part in a workshop held by by the masters of ceramics of the Real Fabbrica di Capodimonte, and experiment with their support firing, patinas and decorations. The workshop will be held at the Libreria Popolare, in via Tadino 18 three minutes by walk from the Albergo Diurno.

The festival is realized thanks to the support of Comune di Milano, Regione Lombardia and FAI – Fondo Ambiente Italiano.

1 December | from 10 AM – all night special opening: Book the visit

2 December | 10AM-10PM: Book the visit

La possibilité d’un commencement

novembre 26, 2018

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Vernissage le mardi 27 Novembre, 19h
Avec Régis Figarol, Raymundo et Guillaume Varone
En présence des trois artistes et de Jean-Philippe Rossignol, écrivain et commissaire de l’exposition DEBUT

2 rue de Hesse, 1204, Genève

 

Une histoire de visages, de corps et d’élan

« Tu as, si tant est que cette possibilité existe, la possibilité de faire un commencement. Ne la gaspille pas. Si tu veux pénétrer en toi, tu n’éviteras pas la boue que tu charries. Mais ne t’y vautre pas. »

Franz Kafka, Journal, 15 septembre 1917

Le commencement, l’engagement, l’élan : la pensée de Kafka est vivante et nous parle. Plus de cent ans après que l’écrivain de Prague ait noté ce fragment dans son Journal, j’ai la sensation que la « possibilité de faire un commencement » se présente à la galerie Analix Forever à Genève. Commencement, début, naissance, départ, amorce, seuil, prémices, origines, aube, aurore, enfance… l’infini du langage est disponible à ceux qui veulent commencer quelque chose. Les artistes ont cette force : ils débutent. Et c’est même à cela que nous les reconnaissons. S’ils ont des choses à dire, tout au long d’une vie, ils sont capables de renaître, de ne pas en rester là, de réinventer les frontières et la cartographie de leur création. Cela ne tient pas à la réalité d’une époque en particulier, ça traverse les siècles, c’est un phénomène que nous pouvons nommer transclasse, selon ce mot forgé et théorisé aujourd’hui par la philosophe Chantal Jaquet. Spécialiste de Spinoza et des liens entre corps et esprit, Chantal Jaquet analyse plus précisément les expressions de la puissance d’agir. Si le domaine de la philosophe concerne en premier lieu la philosophie du corps et les sciences sociales, je souhaite élargir son concept et poser le premier jalon d’une réflexion sur la matière du transclasse dans l’art. À mon sens, être un artiste implique de passer les frontières en dépit de la reproduction sociale. Cela se caractérise par une conscience sur-aiguë, qu’elle soit visible ou non, entre une singularité et le temps historique. Être un artiste, c’est ne pas se contenter du temps historique. C’est l’expérience de Dante, Purcell, Le Caravage, Artemisia Gentileschi, Arthur Cravan, Joyce, Schönberg, Sonia Delaunay, Mizoguchi, Ana Mendieta, Jean Genet, Trisha Brown… C’est la réalité d’artistes vivants, aussi complexes soient-ils, qu’ils se nomment Herzog & De Meuron, Ghada Amer, Matthew Barney, Maggie Nelson, JR… C’est le cas de David Bowie et Amy Winehouse… Aussi opposés soient-ils, tous cherchent à dépasser les assignations historiques, corporelles et esthétiques. Chacun élaborant et explorant sa propre île. L’archipel des artistes qui débutent, déplacent et remettent en question leur art n’est pas prêt d’être englouti. Car cet archipel incalculable n’oublie pas le sens de son origine. En grec byzantin, l’archipel (archipelagos) signifie « la mer principale ».

Dans notre période écartelée entre déshumanisation et refonte du vivant, il me semble urgent de réaffirmer la singularité et la mémoire de cette « mer principale ». Les artistes ont cette capacité. Comme l’écrit Kafka, ils n’évitent pas la boue qu’ils charrient, mais ne s’y vautrent pas. Trouver une forme pour ce qu’on veut dire et se situer dans une trajectoire. Les deux, sans sacrifier l’une pour l’autre. La forme et la trajectoire. C’est le plus difficile. C’est le plus excitant.

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Maintenant que la pression repose sur les épaules de Régis Figarol, Raymundo et Guillaume Varone, pression agréable et fraternelle, regardons ce qu’ils ont à nous montrer. Évidemment, le principe d’une exposition collective est casse-gueule. Comment garder la singularité de chacun ? Ne pas les réduire à une seule vision, un thème qui enferme ? Regrouper revient souvent à aplatir. Prenons tout de suite la tangente. Les trois artistes qui se présentent à nous ont leur projet singulier et leur manière de faire. Ils ne se ressemblent pas. Nous pourrions suggérer que DEBUT est un espace à entrées multiples, où nous observons conjointement et distinctement ce qui se passe. C’est un commencement, nous verrons après comment ça évolue dans le temps. Aujourd’hui, quel est le champ d’action ? La photo (Figarol et Varone), la vidéo (Raymundo).

Trois recherches qui racontent une histoire de visages, de corps et d’élan. Trois façons de questionner le portrait (donc l’autoportrait caché), la peau, la mémoire, la géographie au sens de territoire et de déterritorialisation (donc les corps actuels). En filigrane, ce sont trois recherches sur les relations qu’entretiennent l’intimité et l’extériorité.

Dans le panorama photographique Galerie, Régis Figarol met des visages à nu, leur humanité et leur aspect implacable. Dans Memorama, Raymundo filme la course à l’envers d’un homme au milieu des montagnes, à l’ère de Google Earth, l’élan d’un homme positionné en miroir d’un cube transparent, comme un écho hypnotique au cube surveillé H-24 dans la nouvelle saison de Twin Peaks de David Lynch. Dans la série Intimité, Guillaume Varone photographie une femme et son rapport à sa chevelure, aux confins du naturel et de l’artifice.

La possibilité d’un commencement aujourd’hui !

 

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novembre 23, 2018

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24-25 November 2018
Hotel Windsor, Nice

Andreas Angelidakis is 50 years old, Raymundo is 26. Andreas Angelidakis was a finalist of the Nam June Paik 2018 award, Raymundo still counts the great collections in which his videos are collected on the fingers of one hand. Andreas Angelidakis is art-chitect and dreams of virtual monuments that build themselves and decide according to their tastes where to live, and how. « Everything is a simulation, the way the real building is in the mind of the architect. The material as simulation of reality is an idealistic feeling that goes back to Plato ». Raymundo is a dreamer and builds the memory of the future.
The two artists, a few decades apart, find themselves in the surreal world of our brain, its structures, architectures, tectonic plates, its folds and unfolds, its memories, its desires, desires to live, to understand: in a very particular enjoyment of the image. For Camera Camera, Raymundo shows Mémorama, a short film that takes the question of memory back: by its fragmentation, its evanescence, by forgetting and by absence ; Andreas Angelidakis shows Troll, the story of the Chara building (Joy) which at a certain point decides to leave the city of Athens to go to the country — or what may become of architecture in an as yet virtual world.
What links the two artists, among others? They are both iconodules, tirelessly.

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NADA, DANCE WITH THE DEAD

novembre 20, 2018

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20-22 November 2018
Gran Via de les Corts Catalanes, 619-621, 08007 Barcelona
Booth 115

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Nada. There is nothing. After death, there is only death. No judgment to sanction our existences. There is just us, humans. Far from being a nihilist, mounir fatmi celebrates life as being much more than nothingness. By assembling and mixing all types of images that variously refer to death, violence, sex and the beauty of women, and accompanying them with a constant and organic sound, the artist really makes us Dance with the Dead, as specified in the subtitle of the work. Through his films and drawings, mounir fatmi scrutinizes the miseries of the world up close, in order to understand its anomalies, death, diseases, but also Beauty. Differently from his other works, in this video mounir fatmi exposes the body and the woman’s sex in a very straightforward and cruel way, as the antidote to death can only be crude.

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