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VIDEO FOREVER #43 Who I am and What I Want

décembre 10, 2019

Mercredi 11 Décembre 2019, 19h
Cité Fertile, 14 Avenue Edouard Vaillant, 93500 Pantin
Une projection vidéo à l’initiative de Barbara Polla, programmation spéciale de Nicolas Etchenagucia

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Les artistes et les cinéastes nous aident-ils à mieux percevoir le désir ? Ce souffle, qu’on rapprochera pendant cette projection de VIDEO FOREVER, de l’anima, cette respiration qui donne la vie est par définition ce qui permet la création d’une oeuvre. Mais comment les artistes, poussés par le désir de créer, mettent-ils en image son absence ou sa sublimation ? Le Désir est notre élan vital. Ce serait ce qui nous pousse à vivre de l’enfance jusqu’à la mort, de nous lever chaque matin malgré le sens parfois bien trouble de la vie. Le Désir est le moteur de nos motivations ; c’est lui qui détermine toutes leurs – nos ? aspirations. Une personne sans aucun Désir témoigne d’une dépression profonde qui menace sa physiologie, sa psychologie, sa sociabilité : une maladie de l’âme qui parait être devenue le mal du siècle.

Les pulsions de vie et de mort sont très souvent mentionnées par les intellectuels de notre temps. Eros et Thanatos. Mais Himéros est bien souvent réduit au silence. Ce beau jeune homme qui, dans la mythologie grecque, fut rendu immortel par Zeus, ému par son suicide suite aux remords qu’il éprouva après le viol de sa propre sœur. Il devient dès lors le Dieu du Désir. Ce récit nous invite à percevoir le Désir comme un lieu trouble et rempli de contradictions. C’est pour cette raison que les grands penseurs de notre Histoire n’ont cessés de le théoriser, se contredisant et se complétant. Selon Platon le désir vise à combler un manque à être. Pour Épicure, il s’agit d’obtenir le plaisir, c’est un hédonisme. Le désir selon Spinoza, c’est d’accéder à la joie qui dépasse le simple plaisir ; pour Freud c’est la recherche de satisfaction d’une pulsion libidinale. Et selon Lacan c’est pour combler un manque, s’émanciper du Besoin, et se faire reconnaître par l’autre. Le Désir serait donc protéiforme, tout comme les propositions de cette séance de VIDEO FOREVER qui réserve son lot de surprises.

Programme complet

Newsletter winter

décembre 9, 2019

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Une fenêtre pour le 2ème week-end de l’Avent : art et émotion

décembre 7, 2019

«Alors que le Centre d’Art Contemporain d’Yverdon-les-Bains présente en ce moment-même sa dernière exposition autour du thème «Art & Prison», sa dixième en date, la galerie de Chêne-Bourg dédie l’ensemble de ses espaces au travail du Marocain Mounir Fatmi. Un accrochage réunissant des travaux antérieurs comme celui de l’activiste et journaliste américain John Howard Griffin ou des portraits d’immigrants de Lewis Hine. À quoi s’ajoutent des dessins plus récents tirés de sa série The Savage Mind, soit un entrelacs infini de fils de neurones. «Chez Mounir Fatmi, les dessins sont fondateurs», assure Barbara Polla. «Vingt ans en arrière, ils comportaient déjà des thèmes qu’il exploite aujourd’hui.»

Entourer les artistes, les aider et les aiguiller dans la création, voilà ce qui avait poussé cette mère de quatre filles à fonder la galerie Analix Forever, il y a près de 30 ans, et ce qui la fait vibrer encore aujourd’hui. «J’ai ouvert la galerie quand j’ai arrêté la politique. L’argent n’a jamais été un moteur», assure cette femme indépendante et féministe, dont le prochain projet, prévu pour mars, placera la femme au cœur avec des créations signées Dana Hoey, Guillaume de Sardes et Mimiko Türkkan, une jeune artiste russe qu’elle s’apprête à accueillir en résidence.»

Andrea Machalova, Tribune des arts

Pour lire l’article en entier : cliquer ici

Carte blanche à Frank Smith, accompagné du dessinateur Julien Serve : « Pour parler »

décembre 5, 2019

Jeudi 5 décembre 2019 de 18h30 à 19h30
Une heure en carte blanche à partager, suivie d’une verrée.
Fondation Jan Michalski

© Tonatiuh Ambrosetti

Pour parler est une expérience de co-errance entre, d’une part, un ensemble de cent quinze sonnets de Frank Smith, actuellement en résidence à la Fondation Jan Michalski et, d’autre part, plusieurs dizaines de dessins de Julien Serve.

L’un dessine au gré de la lecture de l’autre et les deux donnent à voir et entendre cette collusion sur scène.

Cette collaboration entre Julien Serve et Frank Smith est née sous l’impulsion de Barbara Polla. Elle a fait l’objet en 2015 d’une exposition, au titre éponyme, à la Galerie Analix Forever, à Genève.

 

Klavdij Sluban sur l’Oeil de la Photographie aujourd’hui

décembre 4, 2019

L’une des 48 photographies de détenus présentées dans l’exposition « libres » © Klavdij Sluban

Klavdij Sluban, Leica en bandoulière, pellicule blanc et noir, “raconte” les “Est” à qui sait qu’il en existe toujours un, voire plus. A savoir des zones de haine. D’où ses photographies réalisées lors de voyages transsibériens en Chine, en Mongolie, en Russie. L’artiste s’est déplacé dans ce “Far Est” en quête d’êtres vivants, animaux en fuite ou humains coincés dans une immensité oppressante et un silence infini toujours perceptible dans un travail fait pour brouiller les cartes. Tout semble sortir de l’ombre. Le neige elle-même est presque noire. Refusant une vitesse d’exposition rapide Klavdij Sluban laisse un temps de pause long sur le diaphragme fermé afin que le silence lui-même nimbe et opiace la prise. L’immobile devient ce qu’Erri De Luca nomme “l’état de grâce du moment messianique” là où tout semble se fermer et finir.

À Yverdon, l’exposition « libres » (commissaires Barbara Polla et Karine Tissot) présente 48 photographies de la série « Entre Parenthèses ». Le « regard sur les détenus » de Klavdij Sluban devient le regard des détenus. Le photographe contraint le regard du spectateur à plonger dans celui des détenus, comme dans ce portrait iconique (Nievil, Russie, 1998) : un jeune homme nous regarde, un homme encore jeune, un homme sans âge ou plutôt qui condense tous les âges de la vie. Il n’est pas de face, il se retourne à moitié pour se montrer à nous, pour nous donner à voir son regard sur la vie, pour nous donner les images qui sont les siennes, au fond de ses yeux, dans son cerveau, pour échanger son regard avec le nôtre, sa vision du monde avec la nôtre. À l’ouest comme à l’est.

Jean-Paul Gavard-Perret

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mounir fatmi / Keeping Faith, Keeping Drawing / Geneva, Nice

novembre 27, 2019

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mounir fatmi

KEEPING FAITH, KEEPING DRAWING

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Openings Friday November 29th, 6-10pm
Saturday November 30, noon-8pm
Sunday December 1, 11am-5pm (brunch)
curator: Barbara Polla
Analix Forever
10 rue du Gothard, Geneva, Switzerland

Les dessins de mounir fatmi, s’ils restent encore confidentiels, sont fondateurs. Car si l’artiste est connu et largement reconnu pour ses grandes installations, ses sculptures et désormais aussi pour ses vidéos et ses photographies, il dessine depuis toujours. Non seulement il dessine depuis toujours – certains dessins datent de 1995, 1996 et si l’artiste, souvent saisi par l’autocritique, en a éliminé un grand nombre – mais ceux qui restent, particulièrement précieux, nous parlent des thèmes fondamentaux du travail de mounir fatmi : les ciseaux, la coupure, celle du cordon ombilical, de la langue et du langage ; l’amputation, la rupture culturelle, la nécessité de refaire lien pour survivre ; la greffe enfin, physique, corporelle, culturelle. fatmi : « On y trouvera un corps mutilé, composé, recomposé, comme une apparition ; un corps sans jambe, une jambe dans un autre dessin, et un cordon ombilical qui relie les corps ; beaucoup de détails que l’on retrouve dans mes vidéos. »

L’association des trois couleurs rouge, blanc et noir est typique du dessin de mounir fatmi et tend à former un code chromatique à la fois symbolique et émotionnel. Rouge : le lien ; blanc : l’oubli ; noir : l’espoir de donner une forme au moins provisoire à des apparitions graphiques instables et fragiles, parfois proches de l’évanescence : ainsi, dans Animation (une série de dessins initiée en 1998), de fines silhouettes de cigognes migratoires et divers noms de pays se superposent à des séries de courbes et de boucles telles des câbles ou des cordons ombilicaux. Rouge, blanc et noir.
Depuis 2015, fatmi reprend une activité intense de dessin, autour de certains de ses thèmes de travail essentiels : la migration, l’exil, l’identité, le corps, notamment avec la série L’Île des racines. Les séries Tout est connecté et White Matter sont également des matérialisations des obsessions de fatmi : la fragilité, les liens, les connexions, notre cerveau… la matière blanche transmet les impulsions nerveuses et propage des informations dans le système nerveux ; la myéline qui entoure les axones est responsable de la conduction rapide du signal électrique. White matter fait déjà l’objet d’un livre : le livre, si fragile, si multiple, lui aussi fondamental pour mounir fatmi et qui transmet les informations depuis qu’existe l’histoire humains.
Le dessin est la base de tout, affirmait Giacometti ; fatmi, lui, nous dit que le lien est la base du dessin, ce lien qui perpétue l’espoir, grâce au crayon.

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mounir fatmi’s drawings might still remain confidential, they are nonetheless fundamental. The artist is widely renowned for his large-scale installations, his sculptures and now also for his videos and photographs, but he has always been drawing. Not only that – some of his drawing date back to 1995 and 1996, but the artist, often critical of his own work, has discarded many of them – the ones that remain, therefore particularly precious, touch upon the fundamental themes in Mounir Fatmi’s work: scissors, cutting, whether of the umbilical cord or of the tongue and language; amputation, cultural rupture, the necessity to create new connections in order to survive; and finally transplants, whether physical, bodily or cultural. Fatmi says: “You will find in there a mutilated and recomposed body, like an apparition; a body with no legs, a leg found in another drawing and an umbilical cord that connects bodies; and many details that can be found in my videos.”
The combination of the three colors red, white and black is typical of mounir fatmi’s drawings. They tend to form a chromatic code both symbolic and emotional. Red: the link; white: forgetfulness; black: the hope of giving an at least temporary form to unstable and fragile graphic appearances, sometimes close to evanescence: thus, in Animation (a series of drawings initiated in 1998), fine silhouettes of migratory storks and various names of countries are superimposed on series of curves and loops such as cables or umbilical cords. Red, white and black.
Since 2015, fatmi has been considering drawing as an intense activity that develops itself around its essential work themes: migration, exile, identity, the body, in particular with the series The Island Of Roots. The series All Connected and White Matter are also materializations of fatmi obsessions: fragility, links, connections, our brain … white matter transmits nerve impulses and spreads information in the nervous system; the myelin surrounding the axons is responsible for the rapid conduction of the electrical signal. White matter is already the subject of a book: the book, so fragile, so multiple, also fundamental to mounir fatmi and which transmits information since human history exists.
Drawing is the basis of everything, Giacometti asserted; fatmi tells us that the link is the basis of the drawing, this link that perpetuates faith, thanks to the pencil.

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OVNI FESTIVAL, CAMERA CAMERA
solo mounir fatmi
Opening Friday November 29, 6-9pm — exhibition
19-20 November, 1-7pm
Hotel Windsor, Nice

Pour CAMERA CAMERA 2019, ANALIX FOREVER propose un solo de mounir fatmi, en réunissant sculptures et vidéos, pensé pour investir la chambre conçue par Samta Benyahia autours de sa fameuse rosace.
Dans leurs pratiques respectives, les deux artistes interrogent l’orient et l’occident en révélant l’ailleurs de l’autre.
D’où vient le vent aborde les thèmes des migrations et de l’exil et interroge tous les types de déplacements des origines de l’humanité à nos jours : transports commerciaux et touristiques, expatriation de travailleurs, mouvements de réfugiés politiques provoqués par les guerres. En lien avec le cinquantième film de l’artiste inspiré des Désastres de la Guerre de Goya et en particulier de Nada (estampe 69) qui donne le titre au film et suggère donc qu’il n’y a rien – rien après la mort, s’entend – Nada (le film de mounir fatmi, 2015-2016) est tout sauf nihiliste. Il magnifie l’être bien plus que le rien. Rien après la mort ? Tout de notre vivant. mounir fatmi est en réalité un existentialiste. Et en écho, avec l’oeuvre vidéo Les Egarés, seront exposées dans la chambre des sculptures de l’artiste marocain : Maximum Sensation, une installation de mounir fatmi, où le Moyen-Orient rencontre l’Occident, à travers un ensemble de skateboards disposé au sol, créant une impression florale étonnante. Et Civilization, où la rencontre d’une paire de chaussure en cuir lustré et d’un livre devient révélatrice de la civilisation des moeurs d’un peuple.

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For CAMERA CAMERA 2019, ANALIX FOREVER conceived a solo of mounir fatmi, combining sculptures and videos, designed to invest the room designed by Samta Benyahia around her famous window.
In their respective practices, the two artists question the East and the West by revealing the elsewhere of the other.
Where does the wind come from, the themes of migration and exile and questions all types of displacement from the origins of humanity to the present day: commercial and tourist transport, expatriation of workers, movements of political refugees caused by wars. The second film shown is inspired by the Disasters of war by Goya, pparticularly by Nada (estampe 69) from which it got its title. The work suggests that there is nothing – nothing after death – Nada (mounir fatmi’s film, 2015-2016) is not nihilist. The film empowers life rather than death. Nothing after our death ? Everything when we were alive. mounir fatmi is in fact an existentialist.In echo, with the video work Les Egarés, will be exhibited the sculptures: Maximum Sensation, an installation where the Middle East meets the West, through a set of skateboards arranged on the ground, creating an amazing floral impression. And Civilization, where the meeting of a pair of shiny leather shoes and a book reveal a civilization’s beliefs.

Les œuvres « cachées » de mounir fatmi

novembre 26, 2019

Keeping Faith, Keeping Drawing », Analix Forever,10 rue du Gothard, Genève, Novembre 2019.

Barbara Polla a présenté la première exposition solo de mounir fatmi à Genève en 2011 déjà : essentiellement des vidéos. Elle a réitéré en 2018 avec « This is my Body »  : 50 vidéos de l’artiste sur 50 écrans dans un espace unique, un projet présenté grâce à la complicité de Barth Johnson. Mais surtout, elle montre depuis longtemps les dessins de l’artiste, qu’elle estime particulièrement importants. « Keeping Faith, keeping drawing »  est cette fois ci la première exposition de mounir fatmi qui propose un ensemble de ses dessins, de 1999 à 2019.   Ils rappellent les thèmes fondamentaux de son oeuvre :  coupures, amputations, greffes et ré-enracinements ramènent à son expérience personnelle de l’exil : « On y trouvera un corps mutilé, composé, recomposé, comme une apparition ; un corps sans jambe, une jambe dans un autre dessin, et un cordon ombilical qui relie les corps ; beaucoup de détails que l’on retrouve dans mes vidéos. » écrit le créateur.

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L’artiste cultive un certain abrupt. Et la précision qu’une telle œuvre  est supposée offrir, cache les profondeurs ou les abîmes de l’être en perte de repère et en recomposition. Détruisant de diverses manières l’intégralité  humaine, Mounir Fatmi propose ni un rêve de réalité, ni une réalité rêvée mais tout ce qui se cache de nocturne, de secret, de fond sans fond dans l’exilé. Il met ainsi à nu l’espace et celui qui normalement l’habite.Farmi 3.jpgLe dessin permet – dans sa réduction essentielle – une complexification des formes et de leurs structures. C’est donc une forme d’apparition nécessaire qui ne laisse pas indemne puisqu’elle donne accès au surgissement d’une vision que le créateur ne cesse d’explorer. Le monde n’est ni bloqué dans l’évidence, ni enfoui dans le spectral : il s’ouvre, se profile autrement. Il émerge avec plus de relief et d’intensité puisqu’il est découpé dans certaines dimensions d’un art de la vibration qui par ses secousses nous ouvre à l’épaisseur du «si je suis» cher à Beckett. L’espace plastique ressemble à l’espace de la mémoire, mais il n’exclut pas l’oubli. Celui-ci reste une feuille qui se détache d’un arbre et mais que l’arbre n’oublie pas. Le devenir de l’œuvre a donc besoin de la perte mais une douceur remonte de celle-ci pour des renaissances de prochains printemps.

Jean-Paul Gavard-Perret

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