"La Pièce manquante : La Guerre civile syrienne et l’art-témoin" dans artsixMic
 
La Guerre civile syrienne et l'art-témoin – un écho du front des images et des mots 'La Pièce Manquante' (The Missing Piece) Exhibition: 07.07 – 25.07.2020 with Guillaume Chamahian, Frank Smith, Julien Serve and Randa Maddah A project initiated by Guillaume Chamahian Curator : Paul Ardenne La Pièce manquante nous soumet, nous spectateurs, à de multiples interrogations. Une interrogation d'ordre général, d’abord : comment se fait la guerre, comment en vit-on, en meurt-on ? Une interrogation plus spécifique, ensuite, qui renvoie celle-là à l’esthétique : comment, d'un conflit guerrier, extraire des formes évitant le spectaculaire, le cliché, le racolage morbide ? La question de savoir, aussi, comment se construisent les témoignages en cours de conflits ? « La Pièce manquante » n’est ni une classique exposition « de guerre », ni une exposition « documentaire », malgré la présence, l’analyse et le partage de nombreux documents. Ce que montrent les artistes ici, ce qu’ils décodent, c’est davantage la construction et la distorsion des images par les acteurs de la guerre, la création de l’information, la fabrication de la communication, une vision « hors champ » de l’horreur de la guerre. (Paul Ardenne, historien et historien de l'art). La Pièce manquante, c’est d’abord une série d’œuvres de Guillaume Chamahian. À partir de photographies de presse de la famille Bachar el- Assad, l’artiste a créé des puzzles. De ces puzzles il a retiré une pièce : le visage de Bachar el-Assad. Mais « La Pièce manquante », c’est aussi la maison, cette maison détruite que nous montre Randa Maddah. C'est un flot ininterrompu de dépêches AFP comme un bruit de fond, un bruit sourd et fragmenté, une histoire émiettée, qu'entend et dessine Julien Serve. C'est les notions de preuves, de vérité et de témoignages qu'interroge enfin Frank Smith par la poésie forensique. C’est surtout ce qui manque, ce qui a manqué dans cette guerre : l’humanité elle-même. Ce sont les morts, les disparus, tout ce, tous ceux que la guerre a détruits. / The exhibition “The Missing Piece” addresses us, as spectators, multiple questions. A general one first: how is war “invented”, how is it made, how do we live with it, how do we die in it? A more specific question then, which refers to aesthetics: from a warlike conflict, how to extract forms that avoid the spectacular, the cliché and the morbid solicitation? “The Missing Piece” also addresses the issues of testimonials: how are those constructed during ongoing conflicts? Who are the witnesses? “The Missing Piece” is neither a classical “war exhibition” nor a documentary one, despite the display, analysis and sharing of numerous documents. What the artists show here, what they analyze, decode, transform, is the construction and distortion of images by the actors of war, the creation of information, the fabrication of communication. “The Missing Piece” proposes an “off-screen” vision of the horror of the war. (Paul Ardenne, historian and art historian). What does the title of the exhibition, “The Missing Piece”, refer to? First of all, “The Missing Piece” is a series of works by Guillaume Chamahian : using press photographs of the Bachar el-Assad family, the artist created puzzles. From these puzzles he removed one piece: Bachar el-Assad's face. But “The Missing Piece” is also the home, the destroyed house that Randa Maddah shows in her video. It is the uninterrupted stream of AFP (Agence France Presse) dispatches, a background noise, a muffled, fragmented noise, a lost story that Julien Serve redraws. It is the notions of proof, truth and testimony that Frank Smith adresses through forensic poetry. Above all, “The Missing Piece” is what is missing, what was missing in this war: humanity itself. The missing are the dead, the lost, everything, everyone that war has destroyed.