MATRIOCHKAS

RACHEL LABASTIE & LAURE TIXIER
12.03 – 26.04.2021

 

VERNISSAGE LES 12, 13 ET 14 MARS – en présence des artistes

Si les deux artistes françaises ont déjà exposé ensemble dans « Le sens de la Peine », à Nanterre, en 2016, elles exposent pour la première fois en un double solo à Analix Forever, en ce printemps 2021. Un double solo naturel, tant les préoccupations intellectuelles et artistiques de Rachel Labastie et de Laure Tixier sont proches, même si les matières, les tailles et les formes diffèrent : pour Rachel Labastie, la terre crue et le four, la porcelaine et les camées ; pour Laure Tixier, l’aquarelle, la mousseline de soie, les galets et les ronces.

Les premières camées de Rachel Labastie – dont l’ensemble sera présenté lors de son exposition à l’Abbaye de Maubuisson – sont un hommage aux femmes « éloignées » en Guyane, multirécidivistes de larcins mineurs, prostituées, dont les portraits proviennent des casiers judiciaires des archives nationales. Les mousselines de soie de Laure Tixier, qui se retrouveront au Centre d’Art La Graineterie, évoquent les garçons de la colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer saluant le drapeau et ses mouchoirs brodés, les filles placées dans les couvents du Bon-Pasteur à Bourges, Orléans et Angers. Parler d’enfermement, pour s’en défaire. Nous le donner à voir, pour penser la liberté. Car « il se peut qu’on s’évade en passant par le toit » : les deux artistes, sans se consulter, ont également créé des échelles, Rachel Labastie en terre crue, Laure Tixier en ronces d’or.

L’œuvre des deux artistes apporte un nouvel écho puissant aux réflexions d’Analix Forever sur l’enfermement. Abordées par deux artistes femmes, l’enfermement convoque immédiatement toute notre Histoire, toutes ces femmes que nous portons en nous, qui en portent d’autres encore à l’intérieur d’elles, toute l’hétéronomie de La Domination masculine caractérisée par Bourdieu, intériorisée dans notre corps même. Notre corps, premier lieu de notre enfermement, où nous sommes, hommes et femmes, assignés à résidence du temps de notre vivant. Nous sommes tous des Matriochkas, nous ressentons tous le besoin impérieux de l’imaginaire de l’art pour nous évader, de cet imaginaire que nous offrent, en toute beauté, les délicates révolutionnaires que sont Rachel Labastie et Laure Tixier.

PROGRAMME VIDEOS

Dana Hoey – Pilgrim, Puritan, Whore (2021)
Randa MaddahLight Horizon (2019)
Joanna MalinowskaIn the Mists (2010) & On The Revolutions of Heavenly Spheres (2009)
Rachel LabastieInstable, performance au PARVIS 2019
Guendalina SaliniLe Citta Invisibili (2011)
Laure TixierDolci Carceri (2005) & Toontown Année Zéro (2000)