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Genet à Tanger

mars 25, 2020

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Le livre de Guillaume de Sardes, Genet à Tanger, est un joyau. Publié par Hermann, ce petit livre délicat à l’œil et au toucher recèle en réalité de vastes connaissances accumulées par son auteur : il s’est agi pour lui de lire ou relire les écrits de Jean Genet et ce qui s’est écrit sur Jean Genet ; de retourner sur les pas de Genet, à Tanger, de retrouver ses traces, dans cette lumière de fin de vie ; d’écouter, de s’imprégner de ce qui reste, ce qui flotte encore dans l’air, de boire du thé en regardant la beauté du monde ; puis de suivre Genet au Liban, à Sabra et Chatila ; et enfin, de revenir, encore, à Tanger. Le livre, un essai parfaitement documenté, devient au fil des pages un auto-portrait, qui nous parle aussi de l’âme sensible de celui qui l’a écrit. On entre dans un récit à deux voix : deux écritures, deux écrivains distants et proches à la fois, et le lecteur suit alors les pas de l’un puis de l’autre, le crépuscule de l’un, la lumière que l’autre porte et lui apporte… Le lecteur est à Tanger, avec Genet, aux côtés de Guillaume de Sardes. Le film n’existe pas encore, mais les mots se transforment déjà en images et il est là, dans les yeux du lecteur.

Genet à Tanger

Entre en scène Philippe Torreton. L’incroyable est parfois vrai. Philippe Torreton ne joue pas Jean Genet, il est Jean Genet. Et ce que le lecteur avait en tête, il le découvre à l’écran. Comme un aller-retour entre les images du film et celles qui déjà habitaient son propre cerveau. Les images parfaites du court-métrage (12 minutes, pas encore assez pour aller au Liban, ce sera dans quelque temps, une deuxième étape d’images) permettent au lecteur de voir la lumière telle qu’elle est, en vérité, et d’entendre Genet, de le voir fumer – oui, on fumait en ce temps-là, et d’ailleurs les plans sont coupés parfois par le crissement d’une allumette, dont le spectateur croit sentir le soufre libéré… Une narration aussi, une rencontre, quelques mots échangés au café, le visage sans concession de Genet. Il aime la poésie, dit-il, Rimbaud, Mallarmé. Et l’on entend, face à la plage, à la mer où la lumière se joue et où les corps des garçons et des adolescents jouant au ballon vibrent dans la lumière comme des mirages, oui on entend Genet lire Mallarmé… et quand le film se termine l’on n’a qu’un désir, le regarder encore. Relire le livre, revoir le film : Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres / D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !

par Barbara Polla
Pour lire l’article en ligne, cliquez ici

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WE ARE OPEN – NOUS SOMMES OUVERTS

mars 19, 2020

Analix Forever is open to all artistic projects and any proposal, inquiry and/or requests for appointments; our eyes are wide open and ready to discover what you, artists, are creating right now, confined in your studios; and our hearts are wide open to share all of our wonderments with you. Don’t hesitate to call Barbara Polla @ + 41 79 200 90 36 anytime, I am here, or write to barbara.s.polla(at)gmail(dot)com

The Atelier AMI artistic residency is open and can welcome an artist in the coming months… to learn more about it click here. Proposals for residency should be sent to barbara.s.polla(at)gmail(dot)com

The exhibition “Grace and Power” is open upon appointments and you can read about it here.

Laure Tixier, inspired by Jean Genet, engraved on pebbles from Belle-Île-en-Mer, in golden letters, “We might escape from the roof”. The escape from the roof leads us to the clouds, towards poetry. Epiphany.

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© Eva Magyarosi, 2020

Analix Forever est ouvert à tout projet, toute proposition artistique et à toute demande d’informations et/ou de rendez-vous ; nos yeux sont grands ouverts pour découvrir ce que vous, artistes, êtes en train de créer, confinés dans vos ateliers ; et notre cœur grand ouvert pour partager avec vous tous nos émerveillements. N’hésitez pas à appeler Barbara Polla @ + 41 79 200 90 36 à toute heure, je suis là, ou écrivez à barbara.s.polla(at)gmail(dot)com

La résidence d’artiste Atelier AMI est ouverte, elle peut accueillir un.e artiste dans les mois qui viennent… pour en savoir plus c’est ici ; le dossier de proposition et à adresser à barbara.s.polla(at)gmail(dot)com

L’exposition « La Puissance et la Grâce » est ouverte sur RV et vous pouvez consulter le dossier de l’exposition ici.

Laure Tixier, inspirée par Jean Genet, a gravé en lettres d’or sur les galets de Belle-Île-en-Mer « Il se peut qu’on s’évade en passant par le toit ». L’évasion par le toit nous conduit dans les nuages : vers la poésie. Épiphanie.

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© Laure Tixier

« (…) Je coupais les cordes qui me retenaient au monde de l’habituelle morale, parfois j’en défaisais méthodiquement les nœuds. (…) Après avoir connu votre interdiction de séjour, vos prisons, votre ban, j’ai découvert des régions plus désertes où mon orgueil se sentait plus à l’aise. » Jean Genet, Journal du Voleur, 1949

Grace and Power / La Puissance et la Grâce / March 13, 14, 15 mars / GENEVE

mars 12, 2020

Trois photographes, Dana Hoey (USA), Guillaume de Sardes (France) et Mimiko Türkkan (Turquie), nous proposent des images de femmes qui allient la puissance et la grâce, chacun à sa manière. Dana Hoey depuis toujours photographie les femmes mais cette fois-ci, au delà de certaines de ses photographies mythiques que l’on retrouvera dans l’exposition, elle se représente elle-même de manière inédite : la puissance et la grâce de son propre corps, en action. Guillaume de Sardes lui aussi, photographie les femmes, fasciné qu’il est par la puissance de leur grâce. De ses images délicates, admiratives, amoureuses, le plus souvent en noir et blanc, émane « ce je ne sais quoi de féminin » que l’on retrouve dans les livres comme dans les films du photographe-écrivain-réalisateur : l’inconnue, l’autre, en toute liberté. Mimiko Türkkan, qui a beaucoup photographié les milieux de la nuit, du sexe et de la boxe, présente une nouvelle série photographique représentant de manière allusive des femmes exprimant cette « uncanny energy » que promeut Analix Forever. Des femmes qui ont « des pouvoirs » : et Mimiko Türkkan de concevoir, pour la circonstance, un nouveau concept : Innergy. Cette énergie intérieure qui fait la puissance des femmes — et des autres.

PROGRAMME DES VERNISSAGES

13 MARS | 18h – 21h
20h00 Projection privée du dernier court métrage de Guillaume de Sardes, Genet à Tanger, avec Philippe Torreton, en présence de Benjamin Bonnet, Mood Films
20h15 Conversation à propos de Genet à Tanger avec Guillaume de Sardes, Benjamin Bonnet et Barbara Polla

14 MARS | 14h30 – 19h
14h30 Projection privée du dernier court métrage de Guillaume de Sardes, Genet à Tanger, en présence de Benjamin Bonnet, Mood Films
15h30 Projection de Vies secrètes de Guillaume de Sardes
17h00 Présentation et projection de Bimbo de Guillaume de Sardes
17h15 Conversation avec Guillaume de Sardes sur ses films, ses livres, et la grâce des femmes

15 MARS | 12h – 16h
dès 12h00 Brunch avec, en continu, une projection de films de Dana Hoey et Mimiko Türkkan à propos de la boxe
14h00 Conversation avec Mimiko Türkkan : la boxe, pourquoi, comment ?

Téléchargez le programme, ici :
Analix Forever | Grace and Power : La Puissance et la Grâce : March 13, 14, 15 mars : GENEVE
A lire aussi, le bel article de notre ami Jean-Paul Gavard-Perret, ici !

VIDEO FOREVER # 44 : ROBOTS

mars 4, 2020
Pascal Haudressy, Brain, video still

Pascal Haudressy, Brain, video still.

Les Robots, les Androïdes et les autres, une menace ? Une extension de notre humanité ? Des alliés ? À l’heure ou nous sommes en train de glisser de l’Intelligence artificielle vers l’Émotion artificielle, Paul Ardenne se pose la question : « Que nous dit de nous le robot, à travers la vidéo d’exposition ? »

« Comment, en notre premier quart du 21e siècle, à présent que les robots sont partout – drones, aspirateurs domestiques, pollinisateurs — mais aussi animaux —, « bots » votant pour nous et à notre place sur les réseaux sociaux, véhicules à conduite autonome… -, comment donc les artistes le représentent-ils ? Que nous disent-ils des relations humains-robots ? Le robot, sur le modèle des androïdes de Philip K. Dick, veut-il encore devenir un humain ? Et l’humain, revendique-t-il une identité cyborg comme Donna Haraway, il y a près de quarante ans, revendiquait pour les femmes cette identité dans son Manifeste Cyborg au prétexte que le cyborg est « post-genre », non masculin ni féminin, et qu’il permet de fait à tous les oppressés du genre, en adoptant son non-genre, de dépasser d’office toutes les formes de domination genrées ? »

Pour assister à la présentation de Paul Ardenne et Barbara Polla, et pour voir les vidéos, souvent merveilleuses, que les artistes et les cinéastes d’aujourd’hui consacrent aux robots, c’est demain jeudi 5 mars, à Topographie de l’Art à 19h.

Et pour le teaser, c’est ici !

Ce soir, Abdul Rahman Katanani présente son nouveau livre « Brainstorming »

mars 3, 2020

Abdul Rahman Katanani by Paul Hennebelle

Brainstorming
Sortir dans la monde
Text by Barbara Polla (dite Barbelé), 2019

À l’artiste dont il montre et promeut le travail depuis l’enfance de son art, Saleh Barakat offre, à l’automne 2019, une exposition à sa mesure, muséale, grandiose, telle une continuation des places publiques où aujourd’hui même, à Beyrouth comme en de nombreuses villes du monde, de Paris à Hong Kong, du Brésil au Liban, les peuples s’interrogent sur leurs avenirs, questionnent leurs gouvernements, réfléchissent leurs libertés. Le « Brainstorming » d’Abdul Rahman Katanani fait écho à ce brainstorming mondial et, au creux de son immense vague, une vague à la mesure de celles qui balaient aujourd’hui le monde, se roulent et se déroulent les pensées qui animent les peuples, les paroles, les rêves, les frustrations, les rires, les tempêtes. « Brainstorming » déploie un récit universel. Saleh Barakat, en octroyant à l’artiste cet espace, ouvre pour lui des portes : pour entrer, certes, pour exposer, mais aussi, plus important encore pour Abdul Rahman Katanani, pour sortir. Pour sortir dans le monde.

Pour rencontrer l’artiste à Genève, merci de contacter barbara.s.polla(@)gmail.com

A lire aussi, Abdul Rahman Katanani : face au monde par Jean-Paul Gavard-Perret en cliquant ici

VIDEO FOREVER #44 : ROBOTS

mars 2, 2020

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VIDEO FOREVER #44 : ROBOTS
MARCH 5, 7PM @ Topographie de l’Art
15, rue de Thorigny – 75003 Paris
www.topographiedelart.fr

Presented by Paul Ardenne & Barbara Polla, within the latest exhibition by Paul Ardenne, Humanimalismes at Topographie de l’Art.
With videos by, among others, Janet Biggs, Cindy Coutant, Justine Emard, Ali Kazma, Pascal Haudressy, Stelarc, Hadrien Tequi, the collective Pierre Cassou-Noguès, Stéphane Degoutin and Gwenola Wagon, and more.

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A robot is a « mechatronic device » designed to perform tasks by imitating or reproducing human actions automatically. While robots were mentioned for the first time by Homer, in the contemporary world they have acquired a specific and rapidly evolving identity. Robots may be perceived as a threat to humans (Deep Blue defeats Kasparov at chess in 1997), and a mythology of the perverse machine has been developed in science fiction (Hal, 2001 :A Space Odyssey, Terminator, RoboCop …). But in the 2.0 era, robots have become possible allies that can avert the ever-increasing fatigue of human beings trapped in complicated, sometimes meaningless lives. Whether they clean our world (Wall-E), ease our loneliness (Her, Real Humans …) or become full citizens (Sophia in Saudi Arabia, 2017), robots are precious, and their company now resembles an elaborate form of friendship. Artificial intelligence is constantly evolving and will soon be followed by artificial emotion. Video art – and cinema – depict, in their own specific ways, this intriguing symbolic shift.

LA GRUE à l’atelier Martel ce dimanche !

février 28, 2020

Avec de nouveaux dessins de Julien Serve et toutes les photos de Guillaume Varone, des lectures de Barbara Polla et Régis Figarol, un délicieux goûter, une vue magnifique, la présence des artistes et des architectes — et les transports ne sont pas en grève ! La rue d’Annam est à deux pas du métro Gambetta.

En continu, ce dimanche après midi, sur les écrans de l’atelier Martel, vous pourrez admirer les photos de grues de Guillaume Varone, mais aussi depuis votre ordinateur !

Et vous pourrez également admirer ce film, Archéologie des possibles, qui a été réalisé par Hugo Deverchère avec la classe de CM2 de l’école Malala Yousafzai, à Aubervilliers, à qui l’atelier Martel a décerné le prix « jeune création » 2020.

Nous vous attendons nombreuses et nombreux !

MOI LA GRUE – Finissage
Dimanche 1er mars | 15.00 – 19.00
Atelier Martel
8 Bis, Rue d’Annam – 75020 Paris
Code 0810

Plus d’information : MOI LA GRUE @ Atelier Martel

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