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Une ode au corps masculin : Princesse !

janvier 3, 2020

Dans la suite logique de l’exposition de 2012 intitulée « Beautiful Penis » dans le cadre de laquelle Barbara Polla présentait, à la galerie Nuke à Paris, douze artistes femmes représentant la beauté du sexe masculin en gloire – qui sous forme de parfum comme Katerina Jebb, qui sous forme de pièce sonore comme Leslie Deere, qui encore de manière très explicite comme Sarah Lucas ou Tracey Emin, qui en vidéos provocantes comme Elena Kovylina ou Joanna Malinowska – et des conférences et livres qui ont suivi – la galeriste, commissaire d’exposition et écrivaine suisse est fière aujourd’hui de présenter la première exposition des œuvres sur papier de Maïa Mazaurette à Paris et à Genève.

Mais, Maïa Mazaurette n’est-elle pas chroniqueuse, essayiste, romancière ?

Certes. Maïa Mazaurette d’ailleurs publie deux livres en ce début janvier : Le Sexe selon Maïa, aux éditions de la Martinière, et Sortir du Trou, Lever la Tête, chez Anne Carrière. Mais elle est aussi artiste. Et pas des moindres. Les œuvres présentées ne sont nullement une illustration qui serait certes pertinente des livres qu’elle publie au même moment. Non : Maïa Mazaurette travaille depuis deux ans, dans l’intimité, dans la discrétion, avec plusieurs modèles masculins, et présente aujourd’hui le fruit d’une recherche remarquable, à la fois académique et téméraire, esthétique et amoureuse, engagée et voluptueuse, dans la veine d’une grande peinture de nus intemporelle, traversant allégrement siècles et millénaires.

À la question plusieurs fois posée par Barbara Polla, pourquoi les femmes ne représentent-elles pas l’organe sexuel masculin en gloire ?, l’artiste répond par une série d’œuvres dont la beauté plastique et la ferveur ne laissent que peu de place à la critique maintes fois entendue par l’auteure de l’Eloge de l’érection : sublimer le phallus masculin, c’est se faire le suppôt du patriarcat. Bien au contraire, nous disent les œuvres de Maïa Mazaurette : c’est montrer que l’homme est désirable et placer celles et ceux qui le regardent et l’admirent dans la position de sujets du désir et non plus d’objets. Une position féministe certes, mais aussi et surtout une position future, ouverte, joyeuse, partagée, qui rend d’emblée obsolète bien des controverses. Comme le dit Pascal Quignard, «L’art préfère toujours le désir. L’art est le désir indestructible. » À cette aune, Maïa Mazaurette est une grande artiste.

Réalisées dans le cadre intime de l’appartement de Maïa Mazaurette à New York, la première monstration de ses œuvres est à découvrir dans le cadre intime de l’appartement de Barbara Polla à Paris, avant qu’elles ne soient présentées à la galerie Analix Forever à Genève.

Pour voir les oeuvres à Paris : contacter barbara.s.polla(@)gmail.com

Princesse !

À lire aussi, ici : Apologie de l’inversion, un texte de Barbara Polla à propos des œuvres de Maïa Mazaurette, in : Curiosités Contemporaines, Ed. Lisa Toubas, 2019.

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