Aller au contenu principal

Un beau DEBUT

décembre 5, 2018

Guillaume Varone expose actuellement dans DÉBUT au 2 rue de Hesse à Genève, aux côtés de Régis Figarol & Raymundo

Né à Lausanne, Varone est devenu photographe « professionnel » presque par accident. Néanmoins, appartenant à la section très restreinte des artistes sans égo et quoique étant photographe depuis toujours (comme Godard est cinéaste depuis ce temps) il possède un sens inné de l’image. Ce qui ne l’empêche en rien de travailler ses prises.

Sa modestie éclate par exemple lorsqu’il écrit à propose de son livre sur la Slovénie : « Klavdij Sluban m’a donné quelques clés pour progresser et sortir de la simple illustration : mettre de l’émotion et du mouvement dans les images, faire des photos habitées, avec de la tension et sans être descriptif. Son workshop m’a ouvert les yeux et c’est ce que je cherche désormais à mettre dans mes photos ». De fait il avait déjà en lui tout ce qu’ll fallait afin de photographier ce pays comme – dans d’autres séries – l’intimité des femmes.

Dans les deux cas le photographe saisit l’intensité et l’émotion : le visage devient paysage, le paysage un visage. Un « corps » quelqu’en soit la nature parle d’un même langage. Varone cherche une vérité d’appartenance et d’incorporation. Exit le voyeurisme. L’artiste ne perce l’intime qu’avec bienveillance et partage. C’est une affaire de « donnant-donnant » bref de confiance et d’attention. D’où la singularité d’une oeuvre qui sans le moindre effet laisse apparaître des sentiments cachés autant chez le photographe que chez le sujet de ses prisess. Rares sont donc les oeuvres aussi justes et tout simplement belles et qui laissent au regardeur sa faculté d’interpétation.

Jean-Paul Gavard Perret


Guillaume Varone, Début & Regard sur la Slovénie avec Klavdij Sluban

Présence abso­lue de la femme

“Pour­quoi la photo ? J’en ai tou­jours fait, comme tout le monde. Jusqu’à il y a un peu plus d’un an, je fai­sais des pho­tos que je qua­li­fie­rais de « sou­ve­nir de voyage » dans les­quelles je recher­chais une cer­taine har­mo­nie pour faire une belle image”. Bref, Guillaume Varone pen­sait être un pho­to­graphe lambda. Néan­moins, il cap­tait des por­traits qui n’avaient rien d’anecdotiques même lorsqu’ils étaient de famille. Grâce à Klav­dij Slu­ban côté tech­nique et Bar­bara Polla côté dyna­mique, le Lau­san­noios prend enfin confiance en lui.
L’artiste pos­sède le sens inné du cadre et de la prise. Il com­prend tout de suite (et  ses por­traits de femmes le prouvent) une idée ins­tinc­tive de la lumière, de l’espace.  Ses images ont l’air de mon­ter (comme la musique pour d’autres) de  l’intérieur.

Mais il y a plus. A savoir, ce qui fait de lui un “vrai” pho­to­graphe. A tra­vers ses prises, des ques­tions sur­gissent. Elle répondent aussi à ce que, au fond de nous, nous avons besoin de savoir. De voyeu­risme il n’est jamais ques­tion. Guillaume Varone nous dit qu’un corps existe et que les choses sont pré­sentes. À nous de regar­der cal­me­ment ce qui a lieu.
Une femme est pho­to­gra­phiée. Nous ne connais­sons pas son pré­nom, ni son nom, ni ses ori­gines, ni sa vie actuelle. Nous savons une chose : le visage à tra­vers lequel appa­raît une intimité.

Tout de suite, nous sommes tou­chés par la pudeur et la pro­fon­deur qui se dégage de ses por­traits. De face, de pro­fil, de trois-quarts, de dos, une femme a quelque chose à nous dire. Est-ce une lumière tra­vaillée, retra­vaillée par le pho­to­graphe ? Un tra­vail sur les ombres ? Sans doute. Les ombres mettent en relief l’expression. Les yeux sont grands.
Les traits du visage buri­nés ou par­faits donnent l’impression d’une gra­vité. Comme si l’existence était un acte grave, une tra­jec­toire gui­dée par la conscience. Les visages sont tra­ver­sés par le silence. Tou­te­fois, l’artiste ne cherche pas une “pic­tu­ra­lité mais une vérité d’appartenance par l’incorporation.

Notre oeil s’approche, nous « entrons » dans les images. Guillaume Varone nous pro­pose une nar­ra­tion et une énigme. L’histoire d’une femme et sa che­ve­lure. Dans une autre prise se dégage un pro­fil. Le modèle se coiffe. Une autre est de trois-quarts. C’est le por­trait d’une femme à la per­ruque. Deux femmes se jouxtent sou­dain pour un même visage. Ou l’inverse.
His­toire de mettre à nu une grâce, une ori­gine par la che­ve­lure et ce qu’elle sous-entend dans la culture et même dans la sexua­lité. Chaque visage lie aussi l’hier et l’aujourd’hui vers une autre his­toire par cette prise de l’intimité “par les che­veux”. Il existe là une pré­sence abso­lue de la femme. Au regar­deur de l’interpréter.

Lire l’ entre­tien avec le photographe

Jean-Paul Gavard-Perret

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :