Skip to content

Moving Art : Vernissage sur Trajectoire

juillet 6, 2018

Vernissage ce soir au 2 rue Hesse dès 18h

Exposition jusqu’au 8 Septembre 2018

Avec mounir fatmi, Shaun Gladwell, Dana Hoey, Christophe Hamery, Packard Jennings, Ali Kazma, Rachel Labastie, Eva Magyarosi, Rita Natarova, Abdul Rahman Katanani, Frank Smith, Guillaume de Sardes, Guillaume Varone

and more : Carine Bovey, Alexandre D’Huy,Marc Gonzales, Robert Montgomery, Thaïva Ouaki, Laurent Perbos, Curtis Santiago, Frank Smith, Jeanine Woollard…

MOVING ART. L’art qui dépasse les frontières, qui les efface. L’art qui émeut, qui nous transporte vers de nouveaux mondes. L’art conceptualise de nouveaux paradigmes, de nouvelles dimensions et puise autant dans le passé que dans le présent. C’est ce que nous font ressentir les artistes participants à l’exposition d’été 2018 à Analix Forever. L’exposition réunit des artistes qui souvent habitent les murs de la galerie et d’autres, tels que Christophe Hamery, Guillaume Varone, et Guillaume de Sardes, qui exposent pour la première fois en nos murs.

MOVING ART, c’est aussi une exposition qui bouge dans le courant de l’été, des œuvres qui arrivent, d’autres qui partent, sans oublier toutes les œuvres qui se cachent derrière les rideaux.

MOVING ART débute par mounir fatmi, et sa célèbre série de photomontages Casablanca Kissing, réalisée à partir de photographies extraites du film Casablanca. fatmi y glisse une infinité de cercles tangents, après Descartes, et des figures géométriques appliqués sur les images des deux personnages, augmentant par là notre désir de spectateur et projetant notre espoir de voir les deux personnages unis. Bien que l’histoire du film soit celle d’un amour impossible inscrit dans les clichés de l’espionnage et de l’exotisme, mounir fatmi veut nous faire croire que quelque chose est encore possible.

Sur le mur suivant, le visiteur peut admirer les clichés de Guillaume Varone. L’artiste suisse est parti il y a quelques semaines photographier des espaces en Slovénie inconnus à ses yeux et aux nôtres. En véritable explorateur urbain, Varone croise le chemin d’une étrange sculpture dans un squat, qui à travers l’œil du photographe, prend forme et vie. Deux autres photographies, d’une beauté plastique saisissante, nous emmènent vers des horizons inconnus qui, bien qu’esthétiquement différents, semblent se croiser et façonner la réception qui peut s’opérer de façon spontanée dans la jouissance des attentes d’un autre futur à explorer.

L’exploration d’un autre futur que l’on retrouve chez le photographe et écrivain Guillaume de Sardes. L’histoire présentée s‘inscrit dans des lieux, dans une géographie à la fois singulière et subjective, de Beyrouth à un café que l’on imagine parisien… Figeant une suite d’instants, la photographie de Sardes, instrument du discontinu, agit sur le mode même de la mémoire qui ne garde plus, après la rupture, qu’une poignée d’images, de moments, de temps, forts ou non, qui nous restent inexplicablement présents à l’esprit parce que s’est joué alors quelque chose dont nous ne pouvions être véritablement conscients. Autant que la forme d’un corps, la passion amoureuse retient celle des lieux auxquels il était associé et dans lesquels il s’est imprimé, laissant une trace définitive dans la cire de la mémoire.

Christophe Hamery est graphiste, et l’écrit tient un rôle central dans son travail, son sens et sa forme. L’artiste explore une zone d’échange, voire d’indistinction, entre écrit et image. Photographier, dessiner, c’est encore écrire ; écrire, c’est déjà produire une image. Le portrait triple qu’il nous propose écrit une histoire: la femme qu’il photographie est sous chimiothérapie et la souffrance, ici, le dispute à la crânerie. Le noir-blanc, discret, nous maintient à la distance exacte du sujet nécessaire au plaisir de regarder. Dans MOVING ART, la photographie s’inscrit aussi dans une autre écriture, celle de Frank Smith, qui parcourt toute la galerie, souvenir vibrant des « Films du Monde ».

Étrange, troublant, voire inquiétant au premier regard, la photographies de Dana Hoey rassure aussi, à y voir de plus près. Parce que la sortie du cadre institué de l’art féminin-féministe ouvre de larges perspectives et génère une énergie créative nouvelle : une Uncanny Energy. Une énergie qui intègre l’ambiguïté́, l’échange, une esthétique ni prescrite ni prescriptrice qui inclut les contradictions internes aux genres, incarnées par le corps et la posture de cette jeune boxeuse. Une Uncanny Energy que l’on retrouve dans la peinture de Rita Natarova. Ses peintures ultra-réalistes sont le miroir d’une atmosphère inquiétante, de situations brutes, animales et étranges. Comme si un passé et un futur se rencontraient en un point infiniment étiré sur la surface de ses toiles.

À l’étage de la galerie, Packard Jennings créé une modélisation de la destruction, peut-être celle opérée dans la révolution ? Une révolution pour sortir des logiques de profit du marché de l’art, pour en finir avec les conventions et les normes de la création contemporaine. En bref, « fuck you all », et pour ça rien de tel que de réduire en cendre l’ancienne galerie Analix Forever.

L’œil d’Ali Kazma, dans ses photographies rares, révélant un romantisme inattendu de par le lien à la nature qu’elles dévoilent, maintient un lien fragile avec le monde du vivant, une lumière lointaine, un avion dans le ciel. Tout se passe comme si une lunette grossissante, préalablement fixée sur un objet tout proche, la main, le matériau, l’outil, se trouvait soudain retournée, et ouvrait au regard l’abîme du lointain. On sait que ces renversements d’échelle sont de la plus grande importance, ils sont les nécessaires réajustements dont l’esprit a besoin pour assurer sa perception et l’enrichir, et partant se situer au plus juste dans l’échelle des choses du monde.

Le fil barbelé n’est pas un matériau anodin. Que ce soit à Beyrouth, dont est originaire Abdul Rahman Katananiou sur les terres meusiennes, il renvoie à des imaginaires puissants même si différents. Pour avoir grandi dans le camp de Sabra au Liban, Abdul Rahman utilise l’objet pour marquer ses œuvres d’un engagement viscéral. Le travail d’orfèvre qu’opère Katanani avec le fil barbelé lui permet de l’utiliser comme une matière de sculpture. D’abord, il le tresse, le file, comme on pourrait le faire avec de la laine. Ensuite,  il le modèle, le travaille et lui donne la forme d’une vague, d’un relief. Grâce, entre autres, à cette technicité qu’il applique également sur de nombreux autres matériaux de récupération, il s’est vu invité à présenter ses œuvres du Moyen Orient à l’Europe.

And more.…

texte Nicolas Etchenagucia, été 2018.

Analix Forever
rue de Hesse 2
1204 Genève
022 329 17 09
https://analixforever.com/

Publicités
No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.

%d blogueurs aiment cette page :