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Les Disparus de Julien Serve, demain à Genève

mars 1, 2018

« LES DISPARUS » – Julien SERVE – Vernissage le Vendredi 2 Mars 2018

Julien Serve revient à Analix Forever avec une nouvelle exposition intitulée « Les Disparus».

> Hommage à Guy de Maupassant (La peur, 1884) : « À mesure qu’on lève les voiles de l’inconnu, on dépeuple l’imagination des hommes. Vous ne trouvez pas, Monsieur, que la nuit est bien vide et d’un noir bien vulgaire depuis qu’elle n’a plus d’apparitions. … Oui, Monsieur, on a dépeuplé l’imagination en surprenant l’invisible. Notre terre m’apparaît aujourd’hui comme un monde abandonné, vide et nu… ».

« Les Disparus » constitue une première étape, dans le travail de Julien Serve, d’un musée des disparus : espèces animales éteintes, navires fantômes à la dérive, œuvres d’art détruites ou dispersées. « Réinvestir les cadavres et les ruines, les visages et les corps. Les rehausser d’or, leur conférer symboliquement une part de divin. Une tentative de résistance à l’oubli. Le kintsungi est une technique japonaise de réparation par l’or des céramiques brisées. La brisure mise en valeur par la dorure vient révéler l’histoire accidentelle de l’objet réparé. »

Le Rhinocéros de Dürer, gravé en 1515, revisité par Serve dès 2017, ouvre l’exposition. L’histoire raconte que le rhinocéros gravé par Dürer représente l’animal cadeau d’un Sultan de Cambay à Manuel 1er, Roi du Portugal, puis cadeau de celui-ci au Pape Léon X. Il fut le premier rhinocéros attesté sur le continent européen depuis 12 siècles. L’histoire dit aussi que Dürer n’aurait jamais vu l’animal. Après une escale sur l’île mythique d’If (durant laquelle François 1er, Roi de France, vint le voir), le rhinocéros périt noyé : le navire le transportant sombra en pleine tempête en mer Méditerranée. Le Rhinocéros de Serve évoque, pour l’artiste, « La vague de Gustave Courbet, le bruit du roulis, un trésor caché sous les flots, la mémoire de l’Atlantide, du Titanic, d’espoirs et de corps perdus… » Entre les mains de Julien Serve, la mer restitue la mémoire, prolonge l’illusion. « Mémoire vive, contre l’oubli. »

Mais « Les Disparus » ce sont aussi les Disparues, décollations elles aussi rehaussées à la feuille d’or.

Le grand-père de Julien Serve, qu’il dessine avec autant de traits qu’il y a eu de jours dans sa vie. La photographie de la main de l’artiste qui dessine le grand-père: sur cette main, le visage de l’aïeul, réanimé par l’artiste.
Transmission hors du temps.

«Les Disparus?» Les revenants. Les vivants. Les réanimés. « Les artistes sont les meurtriers de la mort », écrit Pascal Quignard. Les artistes sont les assassins de la disparition.

En savoir plus, ici

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