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Venez fêter Abdul Rahman Katanani avec Wael Alkak et son bouzouk

janvier 9, 2018

Finissage de l’exposition HARD CORE, d’Abdul Rahman Katanani avec des nouveaux dessins – samedi 13 Janvier 2018, à 17h

GALERIE MAGDA DANYSZ, 78 rue Amelot, Paris

Et avec un live du musicien Wael Alkak

Abdul Rahman Katanani se joue des barbelés

Quand on naît dans le camp palestinien de ­Sabra, à Beyrouth, la vie n’est pas pavée de roses mais de fils barbelés. Sans surprises, ils forment le matériau privilégié d’Abdul Rahman Katanani, qui expose jusqu’au 13 janvier à la Galerie Magda Danysz, à Paris.

Avec son mètre quatre-vingt-dix déplié et son doux sourire, l’artiste trentenaire balaie les clichés misérabilistes. « Le dimanche, tous les Libanais viennent ici pour le marché », lance-t-il en pointant du doigt les étals remplis de fruits et légumes bon marché. Le camp ressemble à beaucoup de quartiers populaires de Beyrouth. Les ruelles encombrées vivent au rythme des klaxons. Dans l’immeuble où il habite depuis sa naissance, se sont agrégées une centaine de familles dont, récemment, beaucoup de réfugiés syriens. Les fils électriques forment des pelotes inextricables, tandis que des tombereaux d’immondices jetées par les fenêtres s’accumulent dans la cour commune. ­Katanani refuse de noircir le ­tableau : « Avant, il y avait quatre toilettes pour vingt familles, depuis dix ans, chacune a les siennes. » Son atelier se résume à trente mètres carrés de patchwork de carreaux de récupération. Au mur, une grande clé, celle de la maison de son grand-père à Jaffa. Dans la famille Katanani, on est à mille lieues de l’art. Ancien militant de l’OLP, son père gagne sa vie comme menuisier. Abdul Rahman, lui, a le dessin dans le sang. De l’âge de 15 ans à 22 ans, il multiplie caricatures et graffitis. Sa cible ? La corruption généralisée dans le camp et les détournements des subsides des Nations unies.

 « Les enfants sont plus libres »

Autant dire que ses sujets déplaisent aux caciques. « Même les ONG, que font-elles ? s’emporte-t-il. Elles occupent les enfants, mais elles ne les éduquent pas. » Or l’éducation est capitale aux yeux de son père, qui le pousse à faire des études supérieures. Le jeune homme s’inscrit à l’université de Beyrouth, section beaux-arts, remporte le prestigieux Prix Sursock et décroche une résidence à la Cité des arts, à Paris.

Ses matériaux, il les puise dans son environnement immédiat. Pas de peinture, impossible à trouver dans les camps, mais des bidons, fils barbelés et tôles ondulées dans lesquelles il découpe au chalumeau silhouettes enfantines et scènes de jeu poétiques et cruelles, que s’arrache la bonne bourgeoisie arabe. « Le fil barbelé, c’est l’enfermement, la frontière qu’on n’ose franchir. Les enfants eux ne sont pas paralysés, ils sont plus libres que moi, capables de se créer une autre réalité, dit-il. Ils peuvent imaginer qu’ils sont dans un stade énorme même s’ils font du foot avec un sac-poubelle ou qu’ils jouent à la corde avec un fil électrique. » Son travail est passé à un stade plus monumental, avec cette tornade de fils barbelés qui colonise la Galerie Danysz.

« Dans les camps de réfugiés, rien ne change, explique-t-il. Tout se répète d’une génération à une autre. Pour moi, la cause palestinienne n’est pas un cercle fermé mais un tourbillon qui ramasse les joies, les rêves, l’énergie, les gens et tournoie vers l’inconnu. » Mais, précise-t-il, pour éviter toute méprise : « Je fais de l’art, je ne ­défends pas une cause politique. »

Il dit croire « dans la démocratie », accepter l’idée d’Israël, « mais que les millions de Palestiniens puissent revenir et que Jérusalem soit à tout le monde ». La ­reconnaissance par Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël lui fait craindre le pire. « C’est un aiguillon des extrêmes, israéliens ou arabes, regrette-t-il. Et je pense que les extrêmes ne sont pas un bon chemin. »

Ses matériaux, il les puise dans son environnement immédiat. Bbidons, fils barbelés et tôles ondulées

En attendant de fouler un jour la terre de ses aïeux, Katanani construit une grande maison familiale à Chouf, dans la montagne, au sud de Beyrouth. « Mes parents ont déménagé cinq fois à cause de la guerre. Je voulais une maison pour ma famille », justifie-t-il. Mais l’artiste se verrait bien travailler ailleurs, refusant d’être pieds et poings liés à une cause, un médium, ou à toute autre fatalité.

En savoir plus sur l’article de Roxana Azimi, dans Le Monde.

Et pour en lire plus sur HARD CORE dans la presse : L’Humanité, Arts Hebdo Médias, Le Point Contemporain et mowwgli.

 

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