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L’exposition FUCKING BEAUTIFUL prolongée d’une semaine @ Galerie Magda Danysz

octobre 3, 2017

© Ursula Biemann

The work of these six artists encompasses so-called « women’s issues » such as control and loss of it (Kovylina), competitiveness (Biggs) and motherhood (Plumb), but is by no way an exhibition about women, unless to demonstrate how diverse, powerful, intelligent, creative, gorgeous, smart and fun we are.

The quality and the beauty of the videos proposed result from the exceptional imaginative talent and involvement of the six artists in their performances, their texts, their images, their music, their technique: in their art.

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© Janet Biggs

« Travailler avec Magda Danysz est extrêmement organique et endogène. » Barbara Polla

Depuis l’exposition Ennemi public (1) que Barbara Polla présentait dans l’espace de la Galerie Magda Danysz en 2013, les collaborations entre les deux femmes n’ont cessé de se poursuivre au travers de multiples projets qui prennent la forme d’expositions, de publications ou de tables rondes autour de thématiques qui les passionnent toutes deux : art / mode, art / prison, notamment.

« Je m’assieds dans le bureau de Magda, nous parlons et, au cours de la conversation, se dessine un projet. Nous nous disons « faisons cela ! ». »

À l’occasion de l’exposition Fucking Beautiful , Barbara Polla présente le travail de six artistes femmes, vidéastes et confirmées dans leur pratique. Même s’il n’y a aucune espèce d’exclusion du masculin avec la présence de C.T. Jasper, le parti pris est de montrer le travail d’artistes femmes que Barbara Polla considère comme hors normes (2). Barbara Polla définit la femme hors norme non par l’exceptionnel, tel qu’il était en vogue au XIXe siècle, mais par des femmes qui, par choix, se démarquent de la norme. Elle définit le concept d’autonormie, qui est la constitution, pour une personne, de ses propres normes. L’exposition met en perspective cette notion du hors norme, montre « ces femmes qui ont décidé de faire ce pas de côté qui les distingue du commun ».

De différentes nationalités, Les artistes présentées nous offrent plusieurs acceptions du hors norme envisagées sous le prisme d’identités culturelles très variées. Un hors norme marqué par l’engagement de ces vidéastes et la force des sujets quelles traitent. Janet Biggs parcourt les lieux les plus dangereux de la planète et s’intéresse à ces femmes comme Leslie Porterfield, trois fois championne de vitesse moto toutes catégories hommes et femmes confondues qui, après avoir vécu un terrible accident, poursuit sa quête de vitesse. Pour Shannon Plumb, le hors norme se joue, dans l’esprit des films burlesques muets des années 30, sur un rapport presque comique entre les divers aspects de la féminité, créant le trouble entre rapport de séduction et maternité. L’artiste russe Elena Kovylina, met en jeu la notion de pouvoir à travers le féminin et l’uniforme par une performance filmée où elle entraîne un à un les spectateurs dans une danse alcoolisée qui va jusqu’à une totale perte de contrôle de son propre corps. La vidéo d’Ursula Biemann nous entraîne dans un tout autre vertige, celui de l’infiniment petit, d’un récit plein d’incertitudes sur les conséquences de la fonte des glaces polaires qui libèrent de nouvelles bactéries, virus, et autres micro organismes dont nous ne connaissons pas encore l’impact qu’ils auront sur nos écosystèmes. Ignorée de tous, l’histoire racontée par le duo polonais C.T. Jasper et Joanna Malinowska est celle unissant Haïti à la Pologne qui, à la demande de Napoleon de « mater la rebellion » a préféré aider le peuple haïtien à conquérir sa liberté. Elle nous montre le prestigieux orchestre de l’Opera de Varsovie accompagné de chanteurs et de figurants autochtones lors d’une représentation unique a capela dans une ruelle d’un village haïtien. Toute aussi saisissante, la vidéo Only One Story de l’artiste israélienne Lee Yanor, présentée en exclusivité mondiale, raconte avec beaucoup de mystère et de beauté, l’histoire universelle de l’amour et de la mort.

« Je trouve que ces six vidéos sont vraiment belles. Souvent, nous avons peur de dire que les choses sont belles. Avec le titre Fucking Beautiful, je veux montrer combien ces femmes font des choses magnifiques. Il n’y a pas de message féministe autre que celui de dire que nous sommes Fucking Beautiful, que nous sommes formidablement créativesimaginatives, et d’oser y aller quels que soient les risques. Tout ça c’est Fucking Beautiful ! » Barbara Polla

 

(1) Ennemi public, du 12 janvier au 16 février 2013, exposition collective en collaboration avec Paul Ardenne avec Mat Collishaw, Zhang Dali, Mounir Fatmi, Maleonn, Joanna Malinowska, Luc Mattenberger, Jean-Michel Pancin, Jhafis Quintero, Jackie Sumell, Vhils.

(2) Bar­bara Polla, Femmes hors normes, Edi­tions Odile Jacob, Paris, 2017.

Texte Point contemporain © 2017


Invitée par Magda Danysz, Barbara Polla nous entraine avec « Fucking Beautiful » dans un parcours vidéo initiatique, un parcours de femmes. Il ne s’agit pas d’une proposition féministe mais plus simplement d’histoires de femmes, de la galériste à la commissaire jusqu’aux six femmes vidéastes sélectionnées, toutes talentueuses. Elles sont douces et fortes, créatives et provocantes, elles sont, en un mot, magnifiques. Il est question de contrôle (Elena Kovylina), du désamour (Lee Yanor), de maternité (Shannon Plumb), de compétition et de volonté (Janet Biggs).

J’ai découvert le travail de Lee Yanor lors de l’édition 2016 de Loop Barcelona, la foire de référence pour la vidéo contemporaine. Elle y présentait This Side of Paradise, une vidéo poétique et inquiétante où des personnages étaient prisonniers dans un espace temps sans limite, un espace mental à la fois fragile et vulnérable. L’artiste israélienne présente aujourd’hui en première mondiale son nouveau travail « Only One Story » inspiré du roman de Selma Lagerlöf (Selma Lagerlöf est, en 1909, la première femme a avoir obtenu le prix Nobel de littérature) « Le Merveilleux Voyage de Nils Holgersson à travers la Suède », une histoire d’amour : elle l’aimait, il l’aimait, et puis l’un des deux arrêta d’aimer l’autre. Une vidéo hypnotique où, comme dans la vidéo de 1968 de Ricard Serra « Hand Catching Lead », une main saisie, ou non, des objets, pour Lee se sont des fleurs. Puis, les battements du sang dans les vaisseaux, un homme qui passe, une femme qui danse, une femme qui court, qui fuit ? jusqu’à l’image finale d’une autre femme ou peut être la même qui renverse de l’eau sur elle-même, le mystère reste entier.

En savoir plus ici.


 

Ursula Bie­mann contre vents et marées

Face à l’approche appa­rem­ment des­crip­tive des vidéos et pho­to­gra­phies d’Ursula Bie­mann, nul ne peut dire qui du temps ou du pay­sage se méta­mor­phose. Les prises donnent chair aux lieux. Les­quels res­tent grâce à l’artiste un énoncé men­tal et sen­so­riel. Si bien que nous appar­te­nons par la per­sis­tance de telles lucioles à la même terre que l’auteure.
Celle-ci nous fait retrou­ver le nord et nous éveille au peu que le monde risque de deve­nir à force d’ “oublis” ou d’erreurs. Il reste bien sûr les « mer­veilleux nuages » chers à Bau­de­laire. Tous ne sont pas noirs : mais cela suffit-il à faire un monde ? L’artiste zuri­choise tra­vaille, lutte, expé­ri­mente afin que cette cou­leur n’ait pas le der­nier mot. C’est pour­quoi en dépit de la marche inquié­tante du monde elle en appelle à des images pre­mières afin que le pay­sage ne s’estime pas qu’à l’aune du néant.

La créa­trice reven­dique la vie et son tra­vail en demeure la médi­ta­tion « posi­tive » (mais en rien posi­ti­viste) même s’il ne faut jamais en attendre un gain au sens étroit du terme. Elle per­met au regar­deur de s’accrocher au futur en reven­di­quant la lumière contre la cécité volon­taire des réflexions à court terme. Mul­ti­pliant les prises, Ursula Bie­mann croit en une autre his­toire. Dans ce but, elle crée des images « avè­ne­men­tiel­lee » empreintes de sobriété for­te­ment poé­tique. La pho­to­gra­phie et la vidéo per­mettent de quit­ter le temps du sup­plice et débouchent sur l’éclosion d’œuvres pano­ra­miques.
Diverses thé­ma­tiques esthé­tiques, géo­gra­phiques et poli­tiques s’y syn­thé­tisent. Exit la déplo­ra­tion, la lamen­ta­tion face à des tom­beaux col­lec­tifs. L’artiste crée un chiasme historico-géographique afin de pro­po­ser une vision d’un temps à l’état pur. Se déve­loppe une esthé­tique plus de l’après que de l’avant.. Formes et cou­leurs lévitent dans le pay­sage. Il prend à témoin le regar­deur afin qu’une lumière de limbe ou de nuée coule sur lui pour une extase nue.

En lire plus, ici


Et retrouvez FUCKING BEAUTIFUL aussi sur artsixMic

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